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Visite surprise de l'Iran en marge du G7 à Biarritz: les coulisses du coup diplomatique de Macron

Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères, rencontre ce dimanche son homologue français Jean-Yves le Drian à Biarritz. L'Élysée précise que cet entretien a lieu en marge du G7.

L'un des dossiers les plus sensibles et brûlants sur la table du G7, qui se tient actuellement à Biarritz, est incontestablement celui du nucléaire iranien. Un sujet, à l'instar des incendies en Amazonie, qui a été longuement discuté ce samedi soir lors du dîner informel des sept chefs d'État et de gouvernement présents à ce sommet international. Et qui a été l'objet, consécutivement ce dimanche, d'un couac et d'un véritable coup de théâtre.

Du couac...

Emmanuel Macron a estimé ce dimanche matin avoir convaincu ses collègues, y compris Donald Trump (avec qui il avait abordé le sujet samedi midi), d'afficher un front uni sur la question du nucléaire iranien. Officiellement, la position des membres du G7 était donc de permettre à Téhéran, pour une période limitée, d'exporter une partie de son pétrole en échange d'un retour à son engagement de ne pas enrichir d'uranium pour se doter de l'arme nucléaire.

Des sources diplomatiques concordantes ont même précisé, visiblement un peu trop rapidement, que les dirigeants du G7 avaient "chargé Emmanuel Macron de discuter et d'adresser le message à l'Iran" pour faire avancer le dossier. Faux, selon Donald Trump, qui démenti dans la foulée l'information, obligeant le président français a un exercice de clarification.

...au coup diplomatique

L'affaire aurait pu s'arrêter là pour aujourd'hui. Sauf qu'en début d'après-midi, surprise: un avion avec à son bord Mohammad Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères, s'est posé à Biarritz. L'officiel devait rencontrer son homologue français, Jean-Yves le Drian, selon les précisions de l'Élysée.

"Javad Zarif vient à Biarritz en raison des conversations très substantielles avec les leaders du G7 samedi soir. Sur ces bases il est très important de faire le point pour continuer de converger" et étudier les moyens d'une désescalade, a précisé une source diplomatique française à l'AFP.

Macron "est en train de remporter une partie assez importante"

Cette visite surprise, qui se tient en marge du G7, a fait l'effet d'une bombe en plein sommet. Elle est en effet perçue comme un véritable coup diplomatique de la France, et d'Emmanuel Macron en particulier, pour faire avancer le dossier iranien en jouant un rôle de médiateur.

"C'est un véritable coup réussi par la France, a estimé sur BFMTV Christian Makarian, directeur délégué de la rédaction de L'Express. En faisant en sorte que tout le monde se retrouve autour de la gravité des problèmes, Emmanuel Macron est en train de remporter une partie assez importante. On va voir ce qu'il va se dire mais (...) le seul fait qu'il (Mohammad Zarif, NDLR) ait pu atterrir, ce qui n'a pu se faire qu'avec l'accord des autres puissances du G7, même en marge du sommet, c'est exceptionnel."

Une reprise du dialogue grâce à la France?

Par ailleurs, le fait Donald Trump, qui avait déchiré il y a un peu plus d'un an l'accord sur le nucléaire iranien, tolère la présence à Biarritz du ministre iranien est selon Christian Makarian "un gage de dialogue".

"C'est quelque chose qui est très significatif dans la reconstitution du dialogue et la relance d'un processus diplomatique. On n'a rien réglé, rien résolu, mais au moins, on a accepté de se reparler", décrypte le journaliste. "De ce point de vue là c'est un coup diplomatique assez remarquable à condition qu'il aboutisse à quelque chose de plus concret."

Reste à savoir ce qu'il ressortira de cette réunion entre Jean-Yves le Drian et le ministre iranien des Affaires étrangères et si la France réussira à faire avancer les négociation sur l'épineuse question du nucléaire en Iran. De plus amples informations devraient être communiquées en fin de journée, à la suite de ce rendez-vous.

À noter qu'il n'est pour l'instant pas prévu que Mohammad Javad Zarif ne rencontre la délégation américaine en marge de ce G7.

Juliette Mitoyen avec AFP