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Le G20 toujours légitime pour réformer malgré Séoul, dit Sarkozy

Nicolas Sarkozy estime que la légitimité du G20 pour traiter les grands sujets économiques et financiers est intacte malgré les faibles résultats obtenus à Séoul sur les moyens de remédier aux déséquilibres mondiaux. /Photo prise le 12 novembre 2010/REUTE

Nicolas Sarkozy estime que la légitimité du G20 pour traiter les grands sujets économiques et financiers est intacte malgré les faibles résultats obtenus à Séoul sur les moyens de remédier aux déséquilibres mondiaux. /Photo prise le 12 novembre 2010/REUTE - -

par Yann Le Guernigou SEOUL (Reuters) - La légitimité du G20 pour traiter les grands sujets économiques et financiers est intacte malgré les faibles...

par Yann Le Guernigou

SEOUL (Reuters) - La légitimité du G20 pour traiter les grands sujets économiques et financiers est intacte malgré les faibles résultats obtenus à Séoul sur les moyens de remédier aux déséquilibres mondiaux, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy.

Au moment où il prend pour un an la présidence d'un forum dont il s'est employé à promouvoir le statut depuis 2008, le chef de l'Etat français a confirmé en outre son intention d'agir avec "un sens collectif" en associant le maximum de pays aux grands chantiers qu'il entend ouvrir et qui ont été validés par le G20.

Evoquant les résultats du sommet qui s'est achevé vendredi à Séoul, il a parlé d'un "accord qui vaut mieux qu'un désaccord, (mais) qui ne résout pas suffisamment les problèmes qui sont posés".

"Il y avait une grande tension avant la tenue de ce sommet et tous les membres du G20 ont veillé à l'apaisement", s'est-il toutefois félicité devant la presse.

Après s'être déchirés publiquement et avoir négocié pied à pied en coulisses, les pays du G20, Chine et Etats-Unis en tête, sont convenus de remettre à 2011 la question de l'évaluation des situations de déséquilibre - de balance des paiements ou monétaires - posant des risques à la croissance globale.

Un comité d'experts a été chargé de proposer un cadre indicatif d'instruments de mesures, y compris des indicateurs, qui sera soumis au printemps à l'approbation des ministres des Finances.

Avant même le sommet de Séoul, la partie française avait estimé que la situation validait le choix de Nicolas Sarkozy de faire de la réforme du système monétaire international une des priorités de sa présidence.

Les deux autres chantiers, la lutte contre la forte volatilité des cours des matières premières et la réforme de la gouvernance mondiale, ont également été entérinés.

"SOLUTION SIMPLISTE"

"Le G20 des temps de crise a accompli un travail considérable. Le G20 de l'après-crise doit porter les bases de réformes structurelles dont le monde a besoin", a déclaré Nicolas Sarkozy, en estimant que sa crédibilité serait atteinte s'il ne le faisait pas.

Pour autant, il a reconnu qu'il s'agissait de "chantiers colossaux qui ne pourront être achevés en une seule année".

Après avoir discuté du sujet avec ses partenaires européens, puis le président chinois Hu Jintao, enfin vendredi avec la présidente élue brésilienne Dilma Rousseff et son prédécesseur Lula, il a indiqué qu'il rencontrerait d'ici à la fin de l'année Barack Obama et le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn.

Deux visites en Inde et en Afrique du Sud doivent permettre de compléter le tableau avant une conférence de presse en janvier à Paris, la troisième seulement depuis son arrivée à l'Elysée, qui permettra de dresser la feuille de route de cette présidence du G20.

L'idée du président français est "d'essayer d'obtenir des consensus sur des sujets absolument centraux", plutôt que de laisser les grandes puissances échanger des reproches, une stratégie qui conduit à "un échec absolument certain".

Il entend ainsi "aller au fond des problèmes techniquement et politiquement pour essayer d'évacuer les malentendus et de rassembler les positions". Il considère déjà comme un succès le fait que la Chine, critiquée par beaucoup pour sa politique du yuan faible, ait accepté d'organiser en 2011 un séminaire sur la réforme du système monétaire.

Il s'est encore félicité que des voix se soient élevées aux Etats-Unis, celles du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, et de l'ancien président de la Fed Alan Greenspan, pour estimer que le statu quo monétaire international ne pouvait durer.

Abandonnant son ton consensuel, Nicolas Sarkozy a qualifié de "solution simpliste", qui n'a pas été retenue par le G20, la proposition avancée le mois dernier par le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, de "cible unique chiffrée de plafonnement des balances courantes" pour remédier aux grands déséquilibres.

Édité par Yves Clarisse