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La Pologne distribue des comprimés antiradiation face à la menace d'accident nucléaire en Ukraine

Depuis plusieurs semaines, c'était la centrale nucléaire de Zaporijia, plus grande d'Europe, qui était la cible de bombardements

Depuis plusieurs semaines, c'était la centrale nucléaire de Zaporijia, plus grande d'Europe, qui était la cible de bombardements - Ed JONES

Cette mesure, préventive, fait suite aux inquiétudes déclenchées par les combats autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, en Ukraine.

Les autorités polonaises ont annoncé vendredi avoir distribué des comprimés antiradiation aux services d'incendie à travers le pays, en cas d'exposition déclenchée par la guerre en Ukraine voisine, tout en niant qu'il y ait lieu de s'alarmer.

Cette mesure a été prise en réaction aux combats autour de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, qui ont fait craindre une catastrophe nucléaire.

"Nous avons décidé, à titre préventif, de commencer à distribuer des comprimés d'iodure de potassium aux services d'incendie des districts", a déclaré aux journalistes le vice-ministre de l'Intérieur, Blazej Pobozy.

Il a précisé qu'il s'agissait d'une mesure de routine "en cas de menace potentielle de radiation, qui... pour l'instant n'existe pas".

Les comprimés doivent être transférés aux autorités locales et aboutiront finalement dans des points de distribution, des écoles dans la plupart des cas. Blazej Pobozy a déclaré qu'il y avait suffisamment de doses pour toutes les personnes qui en auraient besoin.

Des comprimés utiles seulement en cas d'accident

Un représentant médical présent à la conférence de presse a mis en garde contre les dangers de la prise de ces comprimés, sauf en cas de nécessité.

Blazej Pobozy a déclaré que les comprimés d'iodure de potassium constituaient une mesure préventive en cas d'accident nucléaire, mais qu'ils ne seraient d'aucune utilité en cas d'attaque à l'arme nucléaire tactique.

Dans ce scénario, "des isotopes totalement différents sont libérés, contre lesquels il n'existe malheureusement aucun comprimé pour nous protéger", a-t-il déclaré.

Il a toutefois souligné que, par rapport à un accident nucléaire, une attaque était "encore moins probable".

La Roumanie, frontalière de l'Ukraine, avait pris une décision similaire en mars: "Nous ne pouvons pas exclure totalement" ce risque et "on sait qu'en cas d'accident, on n'a pas le temps de distribuer les pilules", avait alors déclaré le ministre de la Santé, Alexandru Rafila.

S.C avec AFP