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Irma: la France a-t-elle moins bien géré que les Pays-Bas le passage de l'ouragan?

Le gouvernement d'Edouard Philippe a essuyé de nombreuses critiques dans la gestion de la crise après le passage de l'ouragan qui a ravagé l'île de Saint-Martin. Mais comment les Pays-Bas, qui partagent ce territoire avec la France, s'en sont-ils sortis?

L'île de Saint-Martin a été détruite à 95% par le passage de l'ouragan Irma. La France et les Pays-Bas se partagent la souveraineté sur ce territoire. Les deux pays ont donc eu à gérer une crise sanitaire grave. Dix morts dans les Antilles françaises et quatre pour la partie néerlandaise de Saint-Martin, le bilan est lourd. En France, de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer la gestion de la crise par le gouvernement. Y a-t-il eu un défaut d'anticipation? Jean-Luc Mélenchon (LFI) et Eric Ciotti (LR) en sont persuadés et ont réclamé la constitution d'une commission d'enquête parlementaire.

La grande question formulée par le leader de la France insoumise est de savoir "si l'on a prépositionné des forces militaires et civiles en nombre suffisant alors qu'on savait que l'ouragan arrivait".

Le gouvernement vante une mobilisation exceptionnelle

De son côté, le gouvernement réfute toute forme d'impréparation. "Plus de 1.000 personnes sont immédiatement intervenues sur site" après le passage d’Irma, a ainsi souligné le porte-parole du gouvernement. Et le Premier ministre de dénoncer lundi "ceux qui s'improvisent experts en gestion de crise ou en logistique exceptionnelle pour faire naître des polémiques".

La ministre des Armées Florence Parly est également montée au créneau pour défendre sa gestion de la crise.

"Je récuse tout à fait les accusations selon lesquelles nous n'avions pas prévu les choses. Avant l'ouragan, il y avait 150 personnes qui étaient présentes sur zone. Après l'ouragan, il y en a eu un millier et actuellement nous sommes en train de passer à 2000", a insisté Florence Parly.

Actuellement 700 gendarmes dont 200 locaux sont encore à pied d'œuvre pour aider et sécuriser l'île.

Emmanuel Macron, attendu sur place mardi dans la journée, ne manquera pas de défendre l'action du gouvernement d'Edouard Philippe et de tenter d'éteindre le feu des critiques. "L'investissement est complet, et la reconstruction le sera, rassurez-vous", a affirmé lundi Emmanuel Macron qui fait le déplacement accompagné des ministres de l'Education et de la Santé.

Sur les réseaux sociaux confrontés aux pillages, les habitants exprimaient un ressenti très différent du discours officiel. Mais Sint-Maarteen, la partie néerlandaise de l'île, a-t-elle été épargnée?

"Un niveau de sécurité fragile" côté néerlandais

Avec l'arrivée sur l'île de renforts policiers et militaires, "le niveau de sécurité s'est amélioré mais reste fragile", a-t-il ajouté. Les autorités néerlandaises avaient auparavant fait état de pillages à Saint-Martin, et le Premier ministre Mark Rutte avait averti que les fauteurs de troubles seraient sévèrement réprimés par les forces de sécurité.

Au total, 392 militaires néerlandais étaient déployés dès dimanche dans l'île, et 164 supplémentaires sont arrivés lundi. Deux avions de transport militaire C-130 néerlandais transportant des vivres, de l'eau, des tentes et des matériaux de construction ont par ailleurs atterri dimanche à Saint-Martin, préalable à une campagne de distribution massive organisée par la marine.

Avant le passage d'Irma, une centaine de militaires avaient été déployés sur l'île et des navires de ravitaillement avaient été prépositionnés au large afin d'intervenir au plus vite au secours des populations. Autre question en suspens, l'absence de coopération entre les deux nations qui se partagent pourtant un même territoire.

David Namias avec Alexandre Moncayo, Salhia Braklia et Anne-Sophie Warmont