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VIDEO - Ukraine: la Russie envoie un convoi d'aide humanitaire

Un soldat ukrainien surveille un check-point près de la ville de Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine, le 11 août.

Un soldat ukrainien surveille un check-point près de la ville de Donetsk, dans l'Est de l'Ukraine, le 11 août. - -

Un convoi humanitaire russe, composé de près de 300 camions, se dirige vers l'Ukraine pour venir en aide aux victimes des combats qui font rage dans l'Est du pays, contre l'avis des autorités ukrainiennes.

Un convoi humanitaire russe de 280 camions fait route ce mardi vers l'Ukraine pour apporter une aide aux populations victimes des combats dans l'Est du pays, selon les médias russes, en dépit des mises en garde occidentales contre toute intervention unilatérale russe chez son voisin. Formant une colonne s'étalant sur plus de trois kilomètres, les camions blancs sont partis tôt mardi matin de la base militaire d'Alabino, dans la grande banlieue sud-ouest de Moscou, précise l'agence Ria Novosti. L'Ukraine a d'ores et déjà indiqué qu'elle ne laisserait pas passer le convoi.

Kiev soupçonne la Russie de vouloir secourir les rebelles

Les véhicules, bénis à leur départ par un pope orthodoxe, sont attendus mercredi à la frontière avec l'Ukraine, indique l'agence Ria Novosti citant une source proche de l'opération. Le président russe Vladimir Poutine avait justifié lundi l'envoi de cette aide par les conséquences "catastrophiques" selon lui de l'offensive d'envergure menée par l'armée ukrainienne contre Donetsk et Lougansk, les deux derniers bastions des insurgés séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Mais le gouvernement ukrainien a prévenu qu'une telle aide n'était pas la bienvenue -Kiev accuse Moscou de soutenir militairement les insurgés, ce que dément le Kremlin- et l'Occident, les Etats-Unis en tête, ont mis en garde contre "l'illégalité" de toute opération unilatérale russe sur le territoire ukrainien. "Il n'y a eu aucune décision à propos (du convoi russe). Personne ne nous a contacté à ce propos et il n'y a aucun accord de notre part", a réagi pour sa part Valery Sergovsky, secrétaire général adjoint de la Croix-Rouge Ukraine. De son côté, la présidence ukrainienne a indiqué que le pays ne laisserait pas passer le convoi.

L'Ukraine soupçonne la Russie de vouloir, sous couvert d'une telle aide, voler au secours des rebelles, soumis depuis plusieurs semaines à une offensive ukrainienne d'ampleur et contraints de se retrancher dans leurs deux derniers bastions de Donetsk et de Lougansk.

Laurent Fabius redoute une "couverture"

Réitérant la position occidentale, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a prévenu mardi que sans accord du Comité international de la Croix-Rouge et du gouvernement ukrainien, aucun convoi humanitaire russe ne devait entrer dans ce pays, redoutant que ce soit "une couverture" pour Moscou.

Si ces conditions (accord du CICR et de Kiev) ne sont pas réunies, "il ne faut pas les autoriser à passer", a souligné le chef de la diplomatie, qui s'exprimait sur France Info avant l'annonce du départ du convoi russe.

De son côté, François Hollande s'est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine, auquel il a fait part de ses "très vives inquiétudes" concernant l'envoi de ce convoi humanitaire. "Le président de la République a insisté sur le fait qu'une opération humanitaire ne pouvait intervenir sur le territoire ukrainien qu'avec l'accord des autorités nationales ukrainiennes, tant sur le format que sur les modalités de mise en oeuvre", écrit la présidence dans un communiqué.

A.S. avec AFP