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Transports en commun: Madrid lance une campagne contre le "manspreading"

Campagne contre le manspreading à Madrid

Campagne contre le manspreading à Madrid - Mujeres en Lucha

Pour lutter contre ceux qui occupent deux sièges en écartant les jambes, la capitale espagnole lance un nouveau symbole dans les métros et souhaite ainsi rendre l'espace public aux femmes.

Dans les transports en commun, les places sont rares. Alors quand un utilisateur s'installe jambes très écartées obligeant son voisin à se ratatiner sur son siège, quoi de plus énervant? Une pratique que dénoncent de plus en plus les associations féministes. Et cette semaine, Madrid appose une nouvelle signalisation pour tenter de rendre l'espace commun aux femmes.

Ce phénomène des hommes qui prennent beaucoup de place dans les transports porte un nom: le "manspreading". Désormais dans les métros de la capitale espagnole, à côté des dessins classiques d'interdiction de fumer, ou de l'obligation de valider son ticket, se trouvera ce symbole. Celui d'un homme, jambes écartées, empêchant une tierce personne de s'asseoir à ses côtés, avec une croix rouge "interdiction" au-dessus de sa tête.

"Ce nouveau pictogramme rappelle une règle essentielle. Celle du respect des autres", expliquent les transports madrilènes. "Les utilisateurs masculins ne doivent pas s'asseoir jambes écartées et ainsi occuper deux places."

"Rendre visible ces pratiques de machisme"

Cette campagne de sensibilisation rappelle une autre lancée à New York en 2014, "Courtesy counts". Aucune sanction n'était envisagée contre les "manspreaders", mais peu à peu, les hommes ont pris conscience de leur occupation de l'espace, rapporte le New York Times.

Fort de ce constat, une association espagnole "Mujures en Lucha" a lancé une pétition sur Change.org, mi-mai, afin de demander à la mairie de Madrid d'appliquer la même pratique. Sur les réseaux sociaux, avec le #MadridSinManspreading les témoignages se sont multipliés. 

"Nous pensons que rendre visibles ces pratiques quotidiennes de machisme qui passent inaperçues est la seule manière d’avancer", raconte une députée de Podemos, Clara Serra Sánchez, dans une vidéo postée mardi.

Peu après, son parti déposait une proposition de loi devant le Parlement régional de Madrid.

Une initiative qui fait écho à une campagne lancée en Catalogne par le parti d'extrême gauche la CUP Terressa contre le manspreading, ces "micro-agressions qui incommodent celles et ceux qui les subissent", expliquait le parti. 

Et en France?

En France, l'association Osez le féminisme s'était emparée du sujet, en 2014. Sur le même principe que les affiches déjà présentes sur les lignes de la RATP, les féministes dénonçaient avec humour cette pratique qui pollue "le champ visuel" des autres utilisateurs.

"La fermeture des cuisses est préférable car les testicules ne sont pas en cristal, elles n'exploseront pas."

Elodie Hervé