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Une "journée de la jupe" dans tous les lycées de France pour dénoncer le sexisme

Photo prise le 16 mars 2006 dans un lycée de Vitré, lors d'une "journée de la jupe"

Photo prise le 16 mars 2006 dans un lycée de Vitré, lors d'une "journée de la jupe" - Fred Dufour-AFP

Un collectif de syndicats lycéens appelle filles et garçons à porter une jupe ce vendredi dans tous les lycées de France afin de dénoncer les inégalités entre les sexes et les discriminations que vivent les femmes.

Lycéens et lycéennes sont invités à porter une jupe ce vendredi. L'objectif de cette initiative est de dénoncer les inégalités entre les hommes et les femmes et les discriminations que ces dernières subissent. Cette "journée de la jupe" est le première à être organisée dans toute la France par plusieurs syndicats lycéens, dont le Syndicat général des lycéens, l'Union nationale lycéenne, la FIDL et l'UNL.

Comme le rappelle Libération, "avant le film de 2009 mettant en scène Isabelle Adjani, l'idée d'une journée de la jupe est née en 2006 dans un lycée technologique d'Etrelles près de Rennes (...) Elle a été ensuite proposée par des associations comme Ni putes ni soumises à l'occasion de la journée contre les violences faites aux femmes". 

"C'est une opportunité pour aborder le thème de l'égalité hommes-femmes, qui est primordiale mais dont on ne parle pas beaucoup au lycée", a expliqué au Monde Coline Mayaudon, déléguée à la communication du SGL. Et selon elle, l'ambition est aussi de "déclencher des débats, des discussions, autour de l'inégalité de salaires par exemple, ou même du sexisme que l'on vit au quotidien."

La rectrice de l'académie de Dijon apporte son soutien

"Quelque soit votre sexe, venez en jupe au lycée et manifestez votre soutien pour l'égalité homme-femme", lance le collectif sur le site créé pour l'occasion. Il rappelle que les femmes gagnent moins que les hommes durant leur vie professionnelle, sont moins nombreuses que les hommes à la tête d'entreprises mais consacrent une heure et demie de plus par jour aux tâches ménagères. "À vos jupes!" ajoute le collectif sur sa page Facebook.

Pour ceux qui ne voudraient pas porter de jupe, des autocollants pouvaient être envoyés à la demande. Selon Le Monde, "mercredi matin, une cinquantaine d'établissements en avaient commandé". Le quotidien assure par ailleurs que la rectrice de l'académie de Dijon a apporté son soutien à l'initiative.

La réaction de la secrétaire d'État

Marlène Schiappa, la nouvelle secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a également salué l'opération.

"Cette journée montre que les jeunes générations font de l'activisme et sont prêtes à innover dans leurs modes d'action, a-t-elle réagi pour Les Nouvelles News. Cela doit aussi interroger les politiques publiques que nous mettons en œuvre dès le lycée, et même avant: il est impératif d'agir dès le plus jeune âge, au moment où se construisent les premiers stéréotypes de genre."

La colère de La Manif pour tous

En 2014, une précédente "journée de la jupe" organisée dans l'académie de Nantes contre les discriminations, intitulée "ce que soulève la jupe", avait fait polémique. La Manif pour tous et les opposants aux études du genre s'étaient insurgés. Comme Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, qui avait dénoncé une "ridicule journée de la jupe" qui était selon lui "prémices à l'introduction de la théorie du genre à l'école" sapant "les fondements essentiels de l'école de la République".

"L'académie de Nantes ne demande pas aux garçons de venir en jupe", avait tenu à rectifier le rectorat. C'est une "action de lutte contre le sexisme" dans 27 lycées de l'académie sur 220, qui devait consister "principalement en un temps d'échange sur les discriminations sexistes et les moyens éventuels d'y remédier dans la vie du lycée".

Au Royaume-Uni, un collège et lycée privé londonien a proposé d'instaurer des uniformes neutres: pantalon ou jupe, quel que soit le sexe de l'élève. Cette proposition a fait suite à un constat des professeurs de l'école: de plus en plus d'enfants s'interrogeraient sur leur identité en tant que garçons ou filles. En 2016, environ 80 écoles publiques du pays, dont 40 écoles primaires, ont adopté l'uniforme de genre neutre.

Céline Hussonnois-Alaya