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"Gagnez une femme de ménage éthiopienne": au Bahreïn, les femmes traitées comme des marchandises

Une femme de ménage au Brésil (photo d'illustration)

Une femme de ménage au Brésil (photo d'illustration) - Yasuyoshi Chiba-AFP

Une agence de recrutement de femmes de ménage au Bahreïn a proposé un concours à l'issue duquel le vainqueur remportait une femme de ménage éthiopienne. Dans ce pays du golfe Persique, les travailleurs étrangers sont souvent mal traités.

"Gagnez une femme de ménage éthiopienne." Voici l'annonce qui a été postée par une agence de femmes de ménage au Bahreïn, rapporte le site Les Observateurs de France 24. Dans ce petit pays insulaire du golfe Persique, les travailleurs étrangers représentent 77% de l'ensemble des travailleurs. Et parmi eux, de nombreuses domestiques venues des Philippines, d'Indonésie et d'Éthiopie, recrutées dans leur pays d'origine avant d'être envoyées chez leurs futurs employeurs.

Un tirage au sort

En avril dernier, une agence de recrutement de femmes de ménage a lancé un concours sur sa page Instagram. Les internautes étaient invités à "suivre et à mentionner" la publication avant qu'un tirage au sort ne désigne le vainqueur qui remporterait la femme de ménage. L'Autorité de régulation du marché du travail du Bahreïn a condamné l'initiative et a retiré sa licence à l'agence.

Une pratique symptomatique du traitement réservé aux travailleurs étrangers, estime Nedal al-Salman, militante pour le Centre bahreïni des droits de l'homme, interrogée par France 24. Selon elle, les travailleurs migrants sont considérés "comme une propriété privée ou des esclaves". "Certaines employées disent qu'elles travaillent jusqu'à dix-neuf heures par jour, souvent sans pause ni même un jour de repos hebdomadaire." Et précise qu'elles sont payées trois fois moins que le salaire minimum.

"Une travailleuse payée, la deuxième offerte"

"Cette publicité n'est malheureusement pas une exception, même si le phénomène est assez récent. Depuis un peu plus d'un an, quelques agences se permettent ce genre d'annonces. J'en ai déjà vu qui parlent de 'remise exceptionnelle avant le mois de ramadan' ou même qui proposent 'une travailleuse payée, la deuxième offerte'. C'est clairement une marchandisation de ces femmes."

Le directeur exécutif de l'Autorité de régulation du marché de travail assure quant à lui que "dès qu'une dérive à l'encontre d'une employée de maison ou d'un travailleur immigré est signalée, nous prenons immédiatement les dispositions nécessaires", a-t-il indiqué aux Observateurs. Mais selon l'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, seuls 30% des plaintes déposées par des migrants sont traitées. Et les employeurs sont rarement sanctionnés. 

Céline Hussonnois-Alaya