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Que fait Carles Puigdemont à Bruxelles?

Carles Puigdemont, le 26 octobre 2017.

Carles Puigdemont, le 26 octobre 2017. - Pau Barrena - AFP

Alors que la confusion régnait lundi à Barcelone, le président destitué de Catalogne, Carles Puigdemont, se trouve lui à Bruxelles, où il est accompagné de plusieurs membres de son gouvernement. Il doit tenir une conférence de presse à 12h30 ce mardi, depuis la capitale belge.

L'information a été confirmée par le ministre de l'Intérieur espagnol. Le président catalan destitué est à Bruxelles, où il s'est rendu alors qu'une procédure le visant pour pour la déclaration d'indépendance de la région, désormais sous tutelle de Madrid, a été lancée. 

Selon la presse espagnole, le dirigeant séparatiste est parti dans la capitale belge avec cinq membres de son gouvernement, eux aussi destitués par Madrid. Il aurait d’abord fait route jusqu’à Marseille avant de prendre un avion. Carles Puigdemont et ses ministres se trouveraient aujourd'hui dans un lieu sûr et discret de la capitale belge. Très attendu, il doit s'exprimer publiquement depuis Bruxelles ce mardi, à 12h30.

Accusé de rébellion, sédition et malversation

Le parquet espagnol a déposé plainte lundi contre Carles Puigdemont et son gouvernement destitué par Madrid. Ils sont à l'origine du référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre, que les indépendantistes affirment avoir remporté.

Dans sa plainte, le procureur général espagnol accuse les dirigeants indépendantistes d'avoir causé "une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d'indépendance", et demande leur comparution urgente devant une juge d'instruction en vue de leur inculpation pour "rébellion, sédition et malversation". Il requiert aussi leur arrestation dans le cas où ils ne comparaîtraient pas.

En contact avec un avocat belge

Pour Fernando Martínez-Maíllo, le coordinateur général du Parti populaire, le parti du Premier ministre Mariano Rajoy, le départ de Carles Puigdemont est "la preuve du désespoir le plus absolu". 

Un avocat belge spécialiste de l’asile politique, Paul Bekaert, indique avoir été directement contacté lundi par le président catalan destitué. Selon lui, rien n’aurait encore été décidé concernant une éventuelle demande d’asile dans le pays, rumeur qui enfle depuis lundi. L'avocat a souligné que ce "premier contact" visait à se préparer juridiquement à ce que sera l'attitude de Madrid à l'égard de son client.

"Je lui ai parlé personnellement en Belgique (...) J'ai eu un premier contact et il m'a formellement désigné comme son avocat. J'ai une expérience de plus de 30 ans avec l'extradition et l'asile politique de basques espagnols et c'est probablement sur la base de cette expérience qu'il a fait appel à moi", a encore commenté Paul Bekaert, interrogé par la télévision flamande VRT

Peu de chance d'obtenir le statut de réfugié

Toutefois, d'après plusieurs experts, il paraît très improbable que Carles Puigdemont puisse obtenir le statut de réfugié politique en Belgique. "C'est très exceptionnel d'obtenir l'asile pour un ressortissant d'un pays de l'Union européenne", a déclaré à la chaîne francophone RTBF Dirk Van Den Bulck, commissaire général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA) en Belgique.

Il a expliqué qu'il faudrait démontrer "un risque de persécution" dans le pays d'origine et l'impossibilité d'y être protégé. Ce qui, selon cet expert, serait en contradiction avec "le respect des droits fondamentaux" demandé à tout pays membre de l'UE.

A.S. avec Anne-Sophie Warmont