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Madrid met la Catalogne sous tutelle

Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol

Mariano Rajoy, Premier ministre espagnol - OSCAR DEL POZO / AFP

Le Sénat espagnol a autorisé ce vendredi la mise sous tutelle de la Catalogne en activant l'article 155 de la Constitution.

Sans surprise, le Sénat espagnol a voté ce vendredi l'application de l'article 155 de la Constitution qui enclenche la mise sous tutelle de la Catalogne. Cette réponse de Madrid intervient alors que le Parlement catalan venait de voter en faveur de l'indépendance de la région.

La proposition du gouvernement, basée sur l'article 155 de la Constitution, a été approuvée par 214 voix pour, 47 contre et une abstention, et sera notamment transmise au gouvernement central et à l'exécutif catalan, a déclaré le président du Sénat, Pio Garcia-Escudero. Dans la foulée de ce vote, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a convoqué un conseil des ministres extraordinaire à 18 heures. "Je demande de la tranquillité, l’État va réagir. Il a déjà l’appui de la Chambre et soyez sûr que nous serons à la hauteur des circonstances", a-t-il déclaré.

Le mise sous tutelle de la Catalogne était attendue. Mariano Rajoy avait en effet indiqué peu après après le vote de l'indépendance que "l'État de droit restaurera la légalité en Catalogne".

Qu'entraîne la mise sous tutelle?

L'activation de l'article 155 de la Constitution permet notamment au gouvernement espagnol de suspendre et remplacer des membres du gouvernement catalan, de prendre le contrôle de la police locale, qui passerait alors sous les ordres du ministère de l'Intérieur, de fermer le parlement régional, ou encore de prendre à sa charge les services publics locaux et du budget de la région.

Autrement dit, le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, pourrait être remplacé par le préfet de Catalogne, principal représentant de l'État dans la région, et toutes les compétences dévolues à Barcelone reviendraient à Madrid. 

Réactions internationales

Emmanuel Macron a réagi en apportant son "plein soutien" à Mariano Rajoy. Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dores et déjà annoncé sur Twitter que l'Espagne reste "la seule interlocutrice" de l'Union européenne, assurant que le vote de la Catalogne en faveur de l'indépendance "ne change rien". Il a par ailleurs appelé le gouvernement espagnol à choisir "la force de l'argument plutôt que l'argument de la force".

Les États-Unis ont également assuré qu'ils soutenaient "l'unité" l'Espagne. "La Catalogne fait partie intégrante de l'Espagne, et les États-Unis soutiennent les mesures constitutionnelles du gouvernement espagnol visant à maintenir l'Espagne forte et unie", indique dans un document la porte-parole du département d'État, Heather Nauert.

Berlin a réagi à son tour en affirmant ne pas reconnaître la déclaration d'indépendance de la Catalogne.

Paul Louis