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"La République catalane sera un État différent", assure Carles Puigdemont

Carles Puigdemont, le président destitué de la Catalogne, a accepté ce mardi lors d'une conférence de presse à Bruxelles les élections régionales anticipées annoncées par Mariano Rajoy. Il n'a pas demandé l'asile.

"La République catalane sera un état différent", a déclaré ce mardi Carles Puigdemont lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Mais le président destitué de la Catalogne a précisé qu'il fallait "ralentir" l'indépendance pour éviter des troubles. Son gouvernement a ainsi convenu "unanimement" qu'il "favoriserait la voie de la prudence et de la modération", a-t-il ajouté.

"Si on était resté là-bas avec une attitude de résistance, il y aurait eu beaucoup de violences (...) Nous avons été obligés d'adapter notre plan de travail pour éviter la violence" et "si cette attitude a pour prix de ralentir le déploiement de la République, alors il faut considérer que c'est un prix à payer raisonnable dans l'Europe du 21e siècle", a-t-il expliqué.

Les élections anticipées, un "défi démocratique"

Carles Puigdemont a également assuré qu'il acceptait les élections régionales anticipées du 21 décembre prochain, annoncées par Mariano Rajoy, et qu'il respecterait les résultats du vote. Il a cependant appelé le "peuple catalan" à maintenir "vivant et fort" le gouvernement de Catalogne.

"Nous prenons les élections proposées par le gouvernement espagnol comme un défi démocratique (...) Lorsque nous avons pu nous confronter démocratiquement, nous avons toujours gagné. Dans les urnes, nous nous retrouverons."

Le président destitué de la Catalogne s'est exprimé en trois langues, catalan, français et espagnol. Il a dénoncé "l'agressivité du gouvernement espagnol", "la politisation de la justice espagnole" qui "poursuit les idées" au lieu des faits. Il a également regretté son "absence d'impartialité" mais a déclaré qu'il ne se soustrairait pas à la justice. Il a par ailleurs assuré ne pas être en Belgique pour "demander l'asile" mais pour mettre "le problème catalan au cœur de l'Europe", tout en précisant qu'il restait à Bruxelles par "sécurité". 

Il risque 30 ans de prison

L'ex-président de la Catalogne, qui est arrivé lundi à Bruxelles avec plusieurs membres de son gouvernement, est dans le viseur de la justice espagnole. Le parquet a déposé plainte lundi contre lui et son gouvernement a été officiellement destitué par Madrid. Mariano Rajoy a également annoncé la dissolution du parlement catalan et la convocation d'élections "propres, libres et légales" le 21 décembre prochain dans la région. La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu ce mardi la déclaration d'indépendance de la Catalogne, donnant ainsi une suite favorable à un recours du gouvernement.

Dans sa plainte, le procureur général espagnol accuse les dirigeants indépendantistes d'avoir causé "une crise institutionnelle qui a débouché sur la déclaration unilatérale d'indépendance" et demande leur comparution urgente devant un juge d'instruction en vue de leur inculpation pour "rébellion, sédition et malversation". Il requiert aussi leur arrestation dans le cas où ils ne comparaîtraient pas. Carles Puigdemont risque jusqu'à trente ans de prison pour rébellion.
Céline Hussonnois-Alaya