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Un ministre séparatiste flamand assure que la Belgique pourrait accueillir Carles Puigdemont

Theo Francken.

Theo Francken. - EMMANUEL DUNAND / AFP

Le secrétaire d'Etat belge à l'Asile et à la Migration, lui-même inscrit dans un parti séparatiste flamand, a assuré samedi que la Belgique pourrait proposer d'héberger le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont. Le Premier ministre belge a rejeté l'idée nettement.

La Belgique pourrait offrir l'asile au dirigeant séparatiste catalan Carles Puigdemont, a laissé entendre le secrétaire d'Etat belge à l'Asile et à la Migration Theo Francken, un scénario démenti par le Premier ministre belge Charles Michel. Carles Puigdemont a été officiellement destitué par Madrid de son poste de président de la région de Catalogne après la déclaration unilatérale d'indépendance votée vendredi par le Parlement catalan.

Francken met en doute l'équité de la justice espagnole

Carles Puigdemont risque des poursuites pour "désobéissance" et "malversation de fonds" pour avoir convoqué le référendum interdit du 1er octobre sur l'indépendance, voire des poursuites pour "rébellion" qui peuvent lui valoir en cas de condamnation jusqu'à 30 ans de prison.

Theo Francken, membre du parti indépendantiste flamand de la Nouvelle alliance flamande (N-VA), s'est demandé si Carles Puigdemont pouvait être assuré d'un procès équitable, affirmant que le dirigeant séparatiste catalan pouvait se voir octroyer l'asile en Belgique s'il le demandait. Une protection de la Belgique pour Carles Puigdemont "n'est pas irréaliste lorsqu'on regarde la situation actuelle", a déclaré Théo Francken samedi à la chaîne de télévision flamande privée VTM. "En regardant la répression de Madrid et les peines de prison envisagées, la question peut se poser de savoir s'il a encore une chance d'avoir un procès équitable", a-t-il ajouté.

Réprobation générale

Le Premier ministre belge, qui gouverne au sein d'une coalition avec le N-VA, a affirmé dimanche qu'une demande d'asile de Carles Puigdemont n'était "absolument pas à l'ordre du jour". Il a réitéré son appel au dialogue entre les autorités espagnoles et catalanes. "Je demande à Theo Francken de ne pas jeter de l'huile sur le feu", a-t-il déclaré à l'agence Belga. Le vice-Premier ministre Alexander De Croo a lui aussi rejeté les propos de Theo Francken. "Ce n'est pas intelligent de lancer des déclarations de ce genre", a-t-il estimé. "De tels propos n'aident pas et ne constituent pas la position du gouvernement. Il est important de calmer les esprits, plutôt que de les exciter", a assuré le libéral flamand à Belga.

Les déclarations de Theo Francken ont été jugées "inacceptables" par le porte-parole du Parti populaire (conservateur) au pouvoir en Espagne, le député européen Esteban Gonzalez Pons. Il s'agit de "graves accusations contre le système judiciaire espagnol", en espérant qu'une "correction y sera apportée immédiatement", a-t-il déclaré, selon un communiqué de son parti. Theo Francken "a violé les principes de solidarité et collaboration loyale entre les pays membres de l'UE", indique aussi ce communiqué.

R.V. avec AFP