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Catalogne: les anti-indépendances veulent faire entendre leur voix

Un cortège de manifestants catalans anti-indépendantistes.

Un cortège de manifestants catalans anti-indépendantistes. - Pau Barrena - AFP

Les Catalans opposés à l'indépendance de leur région vont manifester, ce dimanche, à Barcelone, alors que la Catalogne vient d'être placée sous tutelle par Madrid.

Après les indépendantistes vendredi, au tour des Catalans qui souhaitent rester dans l'Espagne d'occuper la rue à Barcelone ce dimanche: la région est plus que jamais divisée, deux jours après sa déclaration d'indépendance marquant une rupture sans précédent en 40 ans de démocratie.

"La Catalogne, c'est nous tous!": c'est sur ce même slogan que les organisateurs de ce nouveau rassemblement avaient déjà réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes contre la sécession, le 8 octobre

"Coexistence" et "bon sens"

Témoignage de la profonde division de la société catalane, le défilé prévu dimanche intervient après un rassemblement de dizaines de milliers de personnes vendredi soir, pour la naissance de la "République", célébrée dans le vieux quartier gothique avec des feux d'artifice. 

L'appel de l'association organisatrice, la Société civile catalane, est assorti de deux mots: "coexistence" et surtout "seny", ce "bon sens" supposé réunir une majorité des Catalans face à ce que les détracteurs des indépendantistes qualifient de fuite en avant ou de "déraison". 

Leur but est clair: démontrer que la réalité de ce territoire grand comme la Belgique reste très nuancée. La région de Salvador Dali, par moments rebelle, aux relations toujours complexes avec Madrid, a sa propre langue et sa propre culture, mais sur ses 7,5 millions d'habitants, plus de la moitié viennent d'ailleurs ou sont enfants d'immigrés d'autres régions d'Espagne.

De même, elle vit imbriquée dans la péninsule ibérique, comme en témoignent les milliers de personnes qui vont et viennent dans le TGV entre Madrid et Barcelone chaque jour.

Des airs de pré-campagne électorale

La manifestation se produira alors que Madrid cherche au plus vite à reprendre en main la Catalogne, dont la déclaration d'indépendance n'a obtenu aucune reconnaissance internationale et où les drapeaux de l'Espagne restent visibles sur les bâtiments de l'Etat.

Officiellement, la région est désormais dirigée directement par la numéro 2 du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, tout le gouvernement catalan, et jusqu'à 150 hauts responsables de l'administration selon la presse, ayant été destitués. Une des premières décisions de Madrid a ainsi été de remplacer l'emblématique chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero, jugé trop proche des indépendantistes.

Le gouvernement espagnol avait reçu l'autorisation du Sénat vendredi de mettre en oeuvre l'article 155 de la Constitution, jamais utilisé, pour prendre les rênes de la région et y "restaurer l'ordre constitutionnel", alors que déjà plus de 1.600 entreprises ont entrepris de déménager leur siège social par crainte de l'instabilité. Et il a en ligne de mire l'organisation d'élections régionales le 21 décembre, dans moins de deux mois.

La manifestation de dimanche aura donc sans doute aussi des airs de pré-campagne électorale, car les trois partis qui en Catalogne prônent le maintien de la région au sein de l'Espagne -Ciudadanos (libéral), le Parti socialiste catalan et le Parti populaire de Mariano Rajoy- y seront représentés. "Nous avons une occasion en or. La majorité des Catalans contrainte au silence depuis des années sait qu'il faut se mobiliser en masse", a estimé dès vendredi soir Ines Arrimadas, la chef en Catalogne du parti Ciudadanos, fer de lance de la lutte contre les indépendantistes.

A.S. avec AFP