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Attentats de Bruxelles: un mode opératoire complexe avec plusieurs types d'armements

Selon les spécialistes, les terroristes ont visé des "cibles classiques".

Selon les spécialistes, les terroristes ont visé des "cibles classiques". - Dirk Waem - Belga - AFP

Deux explosions quasiment coup sur coup à l'aéroport de Zaventem vers 8 heures du matin, suivi d'une troisième, cette fois-ci, dans le métro bruxellois ont fait, selon un bilan toujours provisoire, au moins 29 morts. Un mode opératoire qui rappelle douloureusement les attentats du 13 novembre en France. Explications.

Trois engins explosifs visant l'aéroport international de Zaventem, dont deux ont été actionnées vers 8 heures au milieu des passagers; une troisième explosion, cette fois-ci, au coeur du métro bruxellois à la station de Maalbeek, à peine une heure plus tard... Ces attaques coordonnées, menées par plusieurs terroristes et visant des sites très fréquentés, rappellent forcément celles du 13 novembre à Paris. Si le parquet fédéral belge a assuré mardi soir qu'il était encore "trop tôt pour établir un lien avec les attentats de Paris", le mode opératoire de ces actions terroristes, revendiquées par Daesh, rappelle de douloureux souvenirs.

"C’est un attentat en séquence, un attentat qui cherche à saturer les moyens de secours en frappant plusieurs cibles à la fois", confirme Nicolas Hénin, consultant sur le jihadisme pour BFMTV.

"Attaque complexe"

D'après les premiers éléments de l'enquête, l'une des deux explosions provoquées à l'aéroport a été le fait d'un kamikaze. Outre les bombes, une Kalachnikov a également été découverte dans les fouilles. "Ce qui est très intéressant dans le mode opératoire c'est ce que les militaires appellent une attaque complexe mélangeant plusieurs type d’armements, des explosifs et des armes", détaille encore Nicolas Hénin.

Selon lui, les gants noirs que portent les deux suspects pourraient bien dissimuler un détonateur. "Les explosifs seraient alors situés au niveau des bagages", poursuit le journaliste. Et malgré un renforcement de la sécurité, les lieux visés étaient facile d'accès comme lors des attentats de Londres ou de Madrid. "Les aéroports, les gares, ce sont des cibles évidentes, des cibles classiques", estime Jacques Di Bona, spécialiste de la lutte anti-terroriste.

"Dans une guerre asymétrique, c'est-à-dire quand on a un combattant comme Daesh qui n'a pas de moyens militaires considérables, c’est l’action "du pauvre" sur le plan militaire mais qui va rechercher des caisses de résonance, les lieux symboliques, les dates symboliques de façon à avoir une démultiplication de l’onde de choc", affirme sur BFMTV Pierre Servent, spécialiste des questions de défense et de stratégie.

Une filière sous pression

Ce type d'opération ne nécessiterait pas pour autant de grande préparation. "Il faut un bon artificier, estime l'ancien directeur adjoint de l'Unité de coordination de la lutte antiterroriste (UCLAT). Et apparemment il est en vie." Ce rôle serait celui de Najim Laachraoui, un complice de Salah Abdeslam activement recherché. Selon le consultant de BFMTV, ce groupe terroriste a dû "introduire beaucoup d'explosifs et beaucoup d'armes". 

L'arrestation de Salah Abdeslam vendredi dernier aurait alors donné un coup d'accélérateur à ces attaques à Bruxelles. Une filière terroriste responsable des attaques de Paris, qui pourrait se composer de 20 à 25 membres, sous pression mais aussi qui aurait pu se sentir menacée par la collaboration du terroriste dont l'avocat affirmait hier qu'il avait aidé les enquêteurs à identifier certaine personne. 

Justine Chevalier