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Covid-19: pourquoi l'Allemagne parvient à vacciner plus rapidement que la France

Ces sept derniers jours, deux fois plus de doses ont été administrées en Allemagne qu'en France. Un écart qui s'explique notamment par une stratégie vaccinale différente.

Coup d'accélération sur la vaccination en Allemagne. Au cours des sept derniers jours, deux fois plus de doses ont été administrées dans le pays qu'en France. Un écart qui s'explique notamment par une stratégie différente, avec une plus grande autonomie accordée aux Länder et davantage de souplesse pour les médecins généralistes.

Des publics différents

Il y a à l'heure actuelle 28,2% de primo-vaccinés en Allemagne, contre 23,7% en France. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette différence. Déjà, le 22 avril dernier, l'Allemagne a décidé de rendre le sérum développé par AstraZeneca accessible à tous. Par ailleurs, le pays s'appuie sur les médecins généralistes, qui peuvent désormais vacciner, et déterminer lesquels de leurs patients sont prioritaires. Et contrairement à de nombreux praticiens français, ils ne s'occupent que peu du volet administratif.

"On peut vacciner quelqu'un toutes les cinq minutes, fait valoir sur BFMTV le Dr Wolf-Günter Bernhardt, médecin généraliste à Munich. En France, il y a des cabinets où le médecin est tout seul (...) il ne peut pas vacciner une personne toutes les cinq minutes", analyse-t-il.

En France, les médecins généralistes qui se portent volontaires peuvent également vacciner, mais seulement avec le vaccin d'AstraZeneca, qui n'est pas recommandé aux moins de 55 ans.

Autre différence notable, les publics prioritaires ne sont pas tout à fait les mêmes dans les deux pays voisins. Par exemple, davantage de métiers sont éligibles à la vaccination en Allemagne. Il y a aussi le fait que les régions disposent de compétences plus larges pour la vaccination, et cela permet d'accélérer les choses.

Plus d'autonomie pour les Länder

Administrateur de l'arrondissement de Dachau, Stefan Löwl explique à BFMTV qu'ils sont parvenus à monter une "unité mobile" afin de vacciner, car il leur "restait des doses d'AstraZeneca et que la priorisation était levée en Bavière".

En France, il y a bien quelques collectivités locales qui ont décidé de s'affranchir des règles et d'assouplir localement le processus, mais cela se fait contre l'avis du gouvernement, comme cela a été le cas à Cannes, ou encore à Mandelieu-la-Napoule, toutes deux dirigées par des édiles Les Républicains (LR).

Une stratégie que Frédéric Bizard, président de l'Institut Santé et professeur d'économie encourage:

"On voit des villes qui sont extrêmement en avance en France parce que elles ont pris la décision d'être autonomes, comme la ville de Cannes par exemple. (...) Tous les plus de 40 ans peuvent être vaccinés. Nous, en France, l'État pense qu'il doit absolument avoir un contrôle le plus exhautif possible", fustige-t-il, ajoutant qu'il "faut confier l'atteinte des objectifs aux régions".

L'Allemagne n'est pas le seul pays européen à devancer l'Hexagone sur certains critères vaccinaux. Si l'on compare la part des primo-vaccinés, la France est également derrière le Portugal ainsi que l'Italie.

David Unal, Matthias Tesson, Amélie Rosique, Nicolas Baggioni, Violette Bonnebas avec Clarisse Martin