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Tranche d'âge, délai de vaccination: à quelle date pourrez-vous obtenir votre pass sanitaire?

Un membre de la Croix Rouge administre un vaccin dans un centre de vaccination à La Défense, le 3 mai 2021

Un membre de la Croix Rouge administre un vaccin dans un centre de vaccination à La Défense, le 3 mai 2021 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Dans l'avis qu'il a remis lundi au gouvernement, le Conseil scientifique a validé l'idée d'un pass sanitaire. Dans le cas d'une vaccination, il précise aussi le temps d'attente entre l'administration des doses et la délivrance du précieux certificat.

La question n'est plus de savoir si un pass sanitaire sera mis en circulation en France pour accélérer la reprise des activités, mais plutôt quand il le sera. Au-delà, l'interrogation porte sur la date à laquelle un individu pourra se voir délivrer le sésame en fonction de la catégorie d'âge à laquelle il appartient et donc du calendrier de sa vaccination. Et il apparaît que les jeunes devront probablement attendre les derniers feux de l'été.

Saisi le 29 avril par Jean Castex qui voulait son sentiment sur la pertinence du procédé, le Conseil scientifique a en effet rendu ce lundi son avis aux autorités publiques. Le document valide l'idée de ce pass sanitaire, indiquant toutefois qu'il faudra s'armer de patience, plus ou moins suivant les situations.

Trois cas de figure

Encore faut-il connaître les modalités définissant et encadrant le pass sanitaire. Il pourra être produit - en version papier ou, de préférence selon le Conseil scientifique, en version numérique via l'application TousAntiCovid - si l'on satisfait l'une ou l'autre de ces trois conditions: une vaccination complète, l'attestation d'une immunité naturelle ou la possession d'un test négatif daté de moins de 48 heures.

C'est bien sûr son obtention après une vaccination qui concentre l'attention, dans la mesure où elle sera la plus durable et est appelée à concerner le plus grand nombre de personnes. Or, un délai doit séparer la vaccination de la personne de la délivrance du pass. Et le Conseil scientifique a présenté "à titre purement indicatif" une temporalité selon les types de vaccin.

On pourrait ainsi obtenir son pass deux semaines après la seconde injection si, bien entendu, le vaccin employé requiert deux piqûres. C'est le cas pour les vaccins Pfizer / BioNTech, Moderna et AstraZeneca. Il faudra attendre quatre semaines pour un vaccin à injection unique. Un seul a cours sur notre territoire: le vaccin de Johnson & Johnson distribué par Janssen. Enfin, le vaccin est ramené à une simple injection pour les personnes ayant déjà contracté le virus par le passé. Dans ce cas de figure, il faudra encore patienter deux semaines après l'injection.

Une question d'intervalles et de calendrier

Il faut de surcroît noter que l'intervalle à respecter entre deux doses n'est pas le même selon les produits retenus: six semaines s'écoulent entre deux administrations de Pfizer/ BioNTech ou Moderna, mais on compte douze semaines entre deux rendez-vous AstraZeneca.

Une dernière donnée vient complexifier davantage ces délais variant selon les cas et les types de vaccination: la vaccination a commencé à des dates différentes suivant les âges et les états de santé. Ainsi, la campagne ne sera ouverte à tous les majeurs (et donc aux plus jeunes d'entre eux en bonne santé) que le 15 juin.

Pas avant mi-août pour les jeunes

Cette temporalité différenciée fait que les Français éligibles à la vaccination dès février ou mars pourront obtenir leur pass sanitaire dès son entrée en vigueur ou en tout cas avant l'été: on pense ici aux personnels de santé, aux aides à domicile, aux pompiers, mais aussi aux personnes âgées d'au moins 70 ans, voire aux personnes âgées d'au moins 50 ans avec comorbidités. Mais pour les catégories de population dont la vaccination a commencé plus tard, la ligne d'horizon est encore bien éloignée.

Les majeurs en bonne santé âgés de 18 à 49 ans devant attendre le 15 juin pour pouvoir obtenir leur première dose, ils ne pourront pas rêver obtenir leur pass avant la mi-août, puisqu'ils sont vaccinés avec Pfizer ou Moderna uniquement. Bien sûr, ces dates correspondent à une première dose obtenue autour du 15 juin.

Les 18-49 ans avec comorbidités et les 55 ans et plus peuvent tabler sur juillet

Les personnes âgées de 18 à 49 ans mais souffrant de comorbidités sont éligibles depuis le 1er mai aux doses Pfizer et Moderna. Par conséquent, un membre de ce public piqué cette semaine mettrait la main sur son pass début juillet.

Dernièrement, plus précisément à compter du 12 avril, la vaccination s'est ouverte aux personnes âgées de 55 ans et plus avec AstraZeneca. Si l'on considère un individu de ce segment ayant reçu sa première dose à la mi-avril, on observe qu'il pourra entrer en possession de son pass lors des derniers jours de juillet (le 26 au bas mot).

Mi-juin pour les sexagénaires

Les personnes âgées de 60 à 69 ans - sans autre distinction - bénéficient de l'extension de la vaccination Pfizer et Moderna depuis le 16 avril. L'écart moindre entre les doses de ces vaccins à ARN messager - six semaines donc - leur permet d'entrevoir leur pass pour la mi-juin s'ils ont aussitôt entamé le protocole.

La sensibilité de la question et l'importance de ces laps de temps, certes indicatifs mais fort probables, ont poussé le Conseil scientifique à préconiser de restreindre le pass sanitaire "aux seuls événements rassemblant un nombre important de personnes", en excluant de l'appliquer "aux actes de la vie quotidienne (se rendre sur son lieu de travail, aller dans un commerce, un établissement de formation, un café, un restaurant)". Un distinguo conforme à la volonté exprimée par le président de la République le 30 avril.

"Dans le même esprit, il peut paraître réaliste et opportun d’un point de vue sanitaire de conditionner l’accès à des événements occasionnels en termes de fréquentation, tels que des grands événements (parcs de loisirs, concerts, compétitions sportives, etc.) ou les grands événements professionnels (salons, conférences…), par la présentation du pass sanitaire pour tous les participants et organisateurs", glisse encore le texte du Conseil scientifique.
Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV