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Drone abattu par l'Iran: ce que l'on sait des frappes américaines avortées

Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 20 juin 2019

Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 20 juin 2019 - Mandel Ngan - AFP

Donald Trump s'est ravisé cette nuit au moment de frapper des installations iraniennes. Il a déclaré vendredi qu'il avait annulé l'attaque 10 minutes avant le lancement, la jugeant finalement disproportionnée.

Le président des États-Unis a ordonné cette nuit des frappes contre l'Iran après que les forces iraniennes ont abattu jeudi un drone de surveillance de l'US Navy. Selon le New-York Times, qui a révélé l'information, Donald Trump s'est finalement rétracté alors que l'opération était déjà lancée.

"10 minutes avant la frappe, je l'ai arrêtée", a tweeté Donald Trump vendredi. Selon ses explications, cette frappe sur l'Iran "n'était pas proportionnelle à l'abattage d'un drone sans pilote". Elle aurait fait 150 morts, selon les informations du président américain.

Le président américain Donald Trump a affirmé vendredi ne pas être "pressé" de répondre militairement à l'Iran, dans sa série de tweets. Les frappes annulées au dernier moment devaient viser trois sites.

Un vif débat entre pro et les anti attaque

Un haut responsable américain a expliqué au quotidien américain que les avions étaient en vol et que les navires de la marine américaine étaient déjà en position quand les frappes ont été annulées ce vendredi à l'aube. Les batteries de missiles étaient prêtes à déclencher le feu sur des radars et des missiles iraniens, mais dix-neuf minutes avant le raid - selon ce haut responsable - Donald Trump n'a pas confirmé l'ordre.

On ignore pour l'heure si les raisons de ce revirement de situation sont dues à des questions logistiques ou stratégiques et si cette offensive avortée l'est réellement. Ce que l'on sait en revanche, c'est qu'un vif débat s'est tenu hier à la Maison Blanche entre ceux qui voulaient intervenir - entre autres la patronne de la C.I.A, le secrétaire d'État aux Affaires étrangères Mike Pompeo et John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump - et des officiers du Pentagone quant à eux sur la réserve.

Un message de Trump pour informer l'Iran de l'attaque?

De plus, l'agence de presse Reuters a révélé que Donald Trump a fait parvenir cette nuit un message par l'intermédiaire d'Oman, informant les autorités iraniennes d'une attaque imminente. Des sources gouvernementales iraniennes ont expliqué ce vendredi que le président américain avait également fait part de sa volonté de dialogue. Il aurait notamment expliqué qu'il ne voulait pas de guerre avec l'Iran mais souhaitait s'entretenir avec Téhéran et attendait une réponse rapide.

Selon une autre source gouvernementale à Reuters, les autorités iraniennes auraient répondu que le leader de la Révolution islamique Ali Khamenei, seul à pouvoir prendre une décision, était opposé à toute négociation et qu'une attaque contre l'Iran aurait des répercussions régionales et internationales.

Toutefois vendredi, l'Iran a démenti avoir reçu tout message du président américain, via Oman. "L'Amérique n'a envoyé aucun message par l'intermédiaire d'Oman pour l'Iran", a déclaré Keyvan Khosravi, porte-parole du Conseil suprême de la sécurité nationale, cité par la télévision d'État, "il n'y a rien de vrai là-dedans".

Les tensions ne cessent de monter

Les tensions ne cessent de monter depuis le retrait américain en mai 2018 de l'accord international sur le nucléaire iranien suivi du rétablissement de lourdes sanctions américaines contre l'Iran, privant ce pays des bénéfices économiques qu'il escomptait de ce pacte. Elles se sont intensifiées avec des attaques contre des pétroliers dans la région du Golfe en mai et en juin, imputées par Washington à Téhéran qui a démenti.

Depuis hier Washington et Téhéran se livrent une nouvelle guerre de communication pour déterminer la localisation exacte du drone américain au moment de la frappe. Téhéran accuse notamment les États-Unis d'avoir violé son espace aérien.

Manon Fossat