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Deux pétroliers attaqués dans le golfe d'Oman

Deux navires ont été la cible d'une attaque d'origine indéterminée ce jeudi dans le golfe d'Oman, dans une région déjà tendue à cause de la crise entre les Etats-Unis et l'Iran.

Deux tankers, norvégien et japonais, ont été la cible ce jeudi d'une attaque d'origine indéterminée en mer d'Oman, en plein Golfe, une région déjà sous tension du fait de la crise entre les Etats-Unis et l'Iran.

Cet incident dans un passage maritime stratégique à l'échelle mondiale a immédiatement fait grimper les prix du pétrole. Il constitue un nouvel avertissement dans les tensions régionales, un mois quasiment jour pour jour après des attaques contre quatre navires, dont trois pétroliers, attribuées à l'Iran par l'Arabie saoudite et les Etats-Unis.

Des navires japonais et norvégien évacués

Le pétrolier Front Altair, propriété du groupe norvégien Frontline, a été "attaqué" entre les Emirats et l'Iran, "à 06h03 locales", ont annoncé dans un communiqué les autorités maritimes norvégiennes. Elles ont précisé qu'aucun membre d'équipage n'avait été blessé.

Le Front Altair, un tanker de 111.000 tonnes, est en flammes et des secours sont sur place, ont-elles ajouté. Il n'a cependant pas coulé, contrairement à ce que certains médias avaient annoncé.

Le second navire, le Kokuka Courageous, un méthanier, a essuyé des tirs mais tout l'équipage a été sauvé après l'abandon du navire, et sa cargaison de méthanol est intacte, a affirmé son opérateur japonais, Kokuka Sangyo.

"Il semble que d'autres navires aient également essuyé des tirs", a dit le président de la compagnie, Yutaka Katada, aux journalistes à Tokyo, confirmant des informations de sa société mère de Singapour, BSM Ship Management. 

Des "incidents suspects" pour l'Iran

L'Iran a exprimé ses "inquiétudes" après des "incidents suspects". Dans un premier temps, Téhéran a parlé d'"accident" et indiqué avoir porté secours à "deux tankers étrangers" en mer d'Oman.

"Quarante-quatre marins ont été sauvés (...) par une unité de secours de la Marine (iranienne) de la province d'Hormozgan (sud de l'Iran, NDLR) et transférés au port de Bandar-é Jask", a écrit l'agence nationale iranienne.

Alors que le Premier ministre japonais Shinzo Abe effectue une visite historique en Iran, pour tenter d'atténuer la tension entre Téhéran et Washington, la République islamique a jugé hautement suspecte la survenue de ces "attaques".

"Le mot suspicieux ne suffit pas à décrire ce qui transpire apparemment" de ces "attaques" contre des "tankers liés au Japon survenues" au moment même où "le Premier ministre (japonais) rencontrait" le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a réagi sur Twitter le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Un contexte hautement tendu

Ces attaques interviennent dans un contexte inflammable, sur fond de tensions croissantes entre Téhéran et Washington autour du nucléaire iranien. Les Etats-Unis ont quitté unilatéralement l'an dernier l'accord de 2015 conclu à Vienne puis rétabli et renforcé des sanctions contre la République islamique.

En recevant le Premier ministre japonais, le Guide suprême iranien a rejeté jeudi tout dialogue avec le président américain. Donald Trump "ne mérite pas qu'on échange des messages avec lui", a-t-il dit.

"Les attaques perpétrées ce (jeudi) matin contre deux pétroliers en mer d'Oman sont le dernier signe d'une aggravation des tensions géopolitiques dans la région", a souligné Capital Economics.

Evoquant "un risque important (...) d'un conflit pur et simple", ce centre de réflexion a estimé que "cela nuirait gravement aux économies de la région et pourrait avoir des effets indirects majeurs sur l'économie mondiale".

La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a appelé à éviter toute "provocation" dans la région. Celle-ci "n'a pas besoin de nouvelles causes de déstabilisation et de tensions et, par conséquent, la Haute Représentante (Federica Mogherini) renouvelle son appel à la retenue maximale", a déclaré sa porte-parole, Maja Kocijancic.
Liv Audigane avec AFP