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Daesh: deux nouveaux Français condamnés à la peine de mort en Irak

Une image mise en ligne le 14 juin 2014 sur un site jihadiste montre des soldats de Daesh sur une route irakienne. -

Une image mise en ligne le 14 juin 2014 sur un site jihadiste montre des soldats de Daesh sur une route irakienne. - - AFP

Deux nouveaux Français ont été condamnés à la peine de mort ce lundi en Irak pour leur appartenance à Daesh.

Ce lundi, les deux derniers Français jugés en Irak pour leur appartenance à Daesh on été condamnés à mort. 

Bilel Kabaoui, 32 ans, et Mourad Delhomme, 41 ans, comparaissaient ce lundi devant le tribunal antiterroriste de Bagdad. Tribunal qui a déjà condamné à mort neuf autres Français la semaine dernière.

Neuf condamnations à mort

Le premier, Mourad Delhomme présenté comme un "vétéran du jihad" aurait exercé, d'après le Centre d'analyse du terrorisme, la fonction de juge au sein des tribunaux de Daesh. Le second, Bilel Kabaoui aurait rejoint le groupe terroriste en 2014.

Les deux hommes faisaient partie d'un groupe de 12 membres présumés de Daesh -11 Français et 1 Tunisien- transféré fin janvier de Syrie en Irak pour y être jugés.

C'est en Irak qu'ils sont jugés car les autorités kurdes de Syrie qui les détenaient ne représentent pas un Etat et Paris n'entretient pas de relations diplomatiques avec le régime de Damas.

La loi irakienne prévoit jusqu'à la peine de mort pour quiconque est reconnu coupable d'appartenance à une organisation "terroriste" que l'accusé ait ou non combattu. Une fois le jugement prononcé, les accusés ont 30 jours pour faire appel. 

Paris assure intervenir "au plus haut niveau" pour éviter qu'ils ne soient pendus, tout en soulignant que leurs procès se sont tenues "dans de bonnes conditions, avec une défense présente".

Une défense remise en question

Les neuf Français et le Tunisien condamnés à mort depuis dimanche avaient tous été assistés par des avocats commis d'office à l'exception de deux ayant un avocat irakien et un avocat français.

Les avocats commis d'office ne les ont pas rencontrés et n'ont consulté leur dossier que quelques minutes avant leur unique audience. A plusieurs reprises même, le juge a dû intervenir car les questions de ces avocats allaient en fait à l'encontre de l'intérêt des accusés.

Depuis 2018, l'Irak a condamné plus de 500 étrangers membres de Daesh, hommes et femmes. Jusqu'ici, aucun des étrangers condamnés à mort n'a été exécuté.

Paris assure intervenir "au plus haut niveau" pour éviter qu'ils ne soient pendus, tout en soulignant que leurs procès se sont tenues "dans de bonnes conditions, avec une défense présente".

Aude Solente avec AFP