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Paris "multiplie les démarches" pour éviter la peine de mort à quatre jihadistes français en Irak

Le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian le 14 mai 2019 à l'Assemblée nationale

Le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian le 14 mai 2019 à l'Assemblée nationale - Christophe Archambault - AFP

"Nous sommes opposés à la peine de mort et nous le disons", a déclaré le ministre des Affaires Étrangères Jean-Yves Le Drian ce mardi matin.

La France "multiplie les démarches" pour que quatre Français condamnés à mort en Irak pour appartenance à Daesh échappent à la peine capitale, a assuré ce mardi le chef de la diplomatie française.

"Nous multiplions les démarches pour éviter la peine de mort à ces quatre Français", a déclaré Jean-Yves Le Drian sur France Inter. "Nous sommes opposés à la peine de mort et nous le disons (...) J'ai moi-même rappelé au président irakien, le président (Barham) Saleh, notre position", a-t-il ajouté, sans plus de précisions.

Ils "doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes"

Jean-Yves Le Drian a réitéré par ailleurs la position de principe de Paris, qui refuse tout retour et jugement de ses ressortissants affiliés à Daesh en France. "Ces terroristes-là, parce qu'il s'agit bien de terroristes qui nous ont attaqués, qui ont aussi été semeurs de mort en Irak, doivent être jugés là où ils ont commis leurs crimes", a-t-il dit.

Kévin Gonot, Léonard Lopez, Salim Machou et Mustapha Merzoughi, condamnés à mort dimanche, ont désormais 30 jours pour faire appel et l'avocat français de Léonard Lopez a déjà annoncé qu'il le ferait.

"Nous n'allons pas demander au gouvernement irakien de surseoir à cette condamnation à mort, en revanche, aujourd'hui toutes les voies de recours ne sont pas épuisées. Regardons d'abord comme ces voies de recours sont exercées et nous aviserons ensuite", a souligné lundi la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye.

"Quiconque ayant rejoint une organisation terroriste"

La loi irakienne prévoit jusqu'à la peine de mort pour quiconque ayant rejoint une organisation "terroriste", qu'il ait ou non combattu. Bagdad a déjà condamné plus de 500 étrangers de Daesh, hommes comme femmes, dont jusqu'ici aucun n'a été exécuté.

Deux jihadistes belges ont ainsi été condamnés à mort, tandis qu'une Allemande condamnée à la peine capitale a vu sa sentence commuée en peine de prison à perpétuité en appel.

Jusqu'ici, trois Français ont déjà été reconnus coupables d'avoir rejoint Daesh en Irak: Mélina Boughedir, 27 ans, Djamila Boutoutaou, 28 ans, et Lahcène Gueboudj, 58 ans, ont tous été condamnés à la prison à perpétuité, ce qui équivaut à 20 ans de détention en Irak..

Salomé Vincendon avec AFP