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Ce que l'on sait de la fusillade qui a fait 5 morts dans un journal américain

Un exemplaire du Capital Gazette

Un exemplaire du Capital Gazette - ZACH GIBSON / AFP

Cinq personnes ont été abattues jeudi lors d'une fusillade dans la rédaction du Capital Gazette, un journal local du Maryland. Le tireur avait perdu un procès en diffamation contre le titre.

C'est la journée la plus meurtrière pour la presse américaine depuis des années: jeudi en début d'après-midi (heure locale), un homme, identifié par plusieurs sources officielles comme Jarrod Warren Ramos, s'est introduit muni d'un fusil à pompe dans la rédaction du Capital Gazette, un journal local d'Annapolis, dans le Maryland, où il a abattu cinq personnes avant d'être interpellé par la police.

Caché sous un bureau

Le suspect, âgé de 38 ans, s'est présenté au rez-de-chaussée de la rédaction du Capital Gazette, avant de tirer à l'intérieur sur les employés à travers une porte vitrée. Il a également fait usage de grenades fumigènes, affirme la police. Intervenue rapidement, le SWAT (unité d'intervention américaine) a interpellé le tireur alors qu'il se cachait sous un bureau.

"Il n'y a rien de plus terrifiant que d'entendre, caché sous votre bureau, plusieurs personnes se faire tirer dessus pendant que vous entendez le tireur recharger son arme", a tweeté Phil Davis, journaliste qui a raconté la fusillade dans une série de messages sur le réseau social.

La fusillade est une "attaque ciblée contre le Capital Gazette", a déclaré Bill Krampf, un responsable de la police locale, ajoutant que le quotidien avait reçu des menaces sur les réseaux sociaux. Le suspect présumé avait perdu un procès en diffamation intenté au journal en 2012, rapporte CNN.

"Dévasté"

Quatre des victimes de la fusillade de jeudi sont mortes sur le coup, la cinquième est décédée à l'hôpital. L'attaque a également fait deux blessés légers. Dans la soirée, la police a identifié les cinq victimes tuées - trois hommes et deux femmes - qui travaillaient toutes pour le journal.

Plusieurs journalistes ont fait part de leur vive émotion sur Twitter, certains se disant "dévasté".

"Je suis OK physiquement mais mentalement c'est le foutoir", a écrit sur Twitter le photographe Paul W. Gillespie. 

Des membres de la rédaction assurent toutefois qu'un journal paraîtra dès samedi. "Je peux vous l'assurer: nous sortirons un foutu journal demain", a ainsi affirmé le reporter Chase Cook, toujours sur Twitter.

"Pensées et prières"

Le président Donald Trump, qui critique régulièrement et violemment les médias, a adressé ses "pensées et (ses) prières" aux victimes et à leurs familles dans un message sur Twitter. La porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders avait dénoncé plus tôt sur Twitter une "violente attaque contre des journalistes innocents faisant leur travail (qui) est une attaque contre tous les Américains".

À New York et Los Angeles, des policiers ont été déployés devant les rédactions des principaux journaux pour y renforcer la sécurité. Cette nouvelle fusillade alimente le débat récurrent sur la prolifération des armes à feu dans un pays où le port d'arme est un droit constitutionnel

Louis Nadau avec AFP