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Attentats de Bruxelles: pourquoi les terroristes ont choisi de frapper maintenant

Les trois suspects des explosions à l'aéroport de Bruxelles ont été filmés par les caméras de surveillance.

Les trois suspects des explosions à l'aéroport de Bruxelles ont été filmés par les caméras de surveillance. - Police fédérale belge ; montage BFMTV

Le timing des attentats de Bruxelles pose de nombreuses questions. Les terroristes ont-ils réagi à l'arrestation de Salah Abdeslam? Ou veulent-ils simplement montrer qu'ils peuvent frapper à tout moment?

Les attentats de Bruxelles sont-ils la réplique à l'arrestation de Salah Abdeslam? C'est la question que se posent les forces de sécurité belges, au vu du timing choisi par les terroristes pour frapper la capitale belge. Quatre jours après l'arrestation du membre présumé des commandos du 13 novembre, deux attaques terroristes ont frappé la Belgique, faisant craindre une riposte à la capture du terroriste français.

La 1ère hypothèse de travail des enquêteurs: la peur des confidences de Salah Abdeslam

L'avocat de Salah Abdeslam l'a affirmé dès ce week-end, son client parle beaucoup. Selon Sven Mary, le terroriste présumé "reconnaît beaucoup de gens", et commencerait à livrer des noms à la police belge qui l'interroge. Une information qui, parvenue aux oreilles des terroristes du 22 mars à Bruxelles, aurait pu les pousser à accélérer leur plan.

"Je pense que l'arrestation de Salah Abdeslam est un accélérateur pour deux raisons radicalement opposées. La première, c'est la vengeance: pour venger l'arrestation d'Abdeslam qui serait un héros. La deuxième raison: Salah Abdeslam est un traître. Il commence à balancer, son avocat l'a dit, et ses ex-complices disent: "On ne va pas se faire arrêter, la police va arriver, il a du nous balancer", avance Dominique Rizet, consultant police-justice pour BFMTV. 

La 2e hypothèse: punir la Belgique pour l'arrestation d'Abdeslam

L'hypothèse est envisageable alors que l'attaque intervient quatre jours après que l'un des responsables présumés des attentats du 13 novembre a été arrêté après s'être rendu à la police. En accélérant le rythme de ses attaques, les terroristes enverraient ainsi un message: la Belgique a certes marqué un point, mais un point qui se paie cher.

  • Une chose est en tout cas certaine: l'attentat était prévu avant l'arrestation de Salah Abdeslam. L'opération, qui s'est déroulée en deux lieux différents, a requis une préparation impossible à réaliser en seulement quatre jours. Mais il pourrait s'inscrire dans une autre stratégie chère au groupe Etat islamique: le harcèlement des services de sécurité.

La 3e hypothèse: la volonté de submerger les services de sécurité

Contrairement à Al-Qaïda qui vise des cibles symboliques comme le World Trade Center, Daesh pratique le harcèlement. En quelques mois, le groupe a perpétré pas moins de 20 attentats dans autant de pays différents. D'après des témoignages recueillis par Libération, cette multiplication des attaques inquiète beaucoup les services antiterroristes.

  • "Il ne se passe pas une semaine sans que l’on reçoive un ou des renseignements faisant état d’un attentat imminent en France. L’afflux est si important que quand on se couche le soir, on se surprend à penser "ouf, ce n’était pas aujourd’hui" confie une source anonyme au quotidien.

Une théorie confirmée par une autre source, citée elle aussi par Libération et qui s'inquiète ce de que les agents soient "noyés" sous les alertes qui parviennent quotidiennement sur d'éventuelles menaces terroristes.

"L’échantillon de cibles a augmenté de 150 % par rapport à il y a cinq ans. Il va du vétéran islamiste à l’étudiant suicidaire qui veut planter un juif au hachoir dans la rue. Nous n’arrivons plus à lire et interpréter l’ensemble des éléments portés à notre connaissance. Et, surtout, certains de nos voisins européens, en premier lieu les Belges, sont dans le même cas" s'alarme un membre de l'antiterrorisme français.

Pour rappel, deux attaques terroristes ont fait au moins 30 morts et des centaines de blessés à Bruxelles le 22 mars. Deux frères ont été formellement identifiés parmi les kamikazes qui ont fait détoner leurs charges explosives dans le métro et à l'aéroport de Zaventem.

Paul Aveline