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G20: Poutine met la Syrie à l'agenda officiel

Vladimir Poutine et Barack Obama jeudi à Saint-Pétersbourg

Vladimir Poutine et Barack Obama jeudi à Saint-Pétersbourg - -

A la surprise générale, et à la demande de certains participants, le président russe a finalement accepté de discuter du cas syrien lors d'un dîner du G20.

Une surprise de taille. Le président russe Vladimir Poutine a proposé que les Etats du G20, qui s'ouvre ce jeudi à Saint-Pétersbourg, discutent pendant un dîner de la Syrie, acceptant ainsi de mettre officiellement à l'agenda du sommet cette question. Jusqu'alors, l'hôte du Kremlin, qui reçoit les 20 chefs d'Etats les plus puissants du monde dans sa ville natale, n'avait jamais voulu transiger avec le programme originel qui prévoyait plutôt de parler économie et finance mondiale.

Est-ce la poignée de main échangée avec Barack Obama qui a changé la donne? Les deux hommes sont notoirement en froid depuis la décision russe d'accorder l'asile à Edward Snowden.

"Certains participants m'ont demandé de donner le temps et la possibilité de discuter d'autres sujets très urgents de politique internationale, en particulier la situation autour de la Syrie. Je suggère de le faire pendant le dîner", a dit Vladimir Poutine, fermement opposé à une intervention militaire en Syrie, au contraire des Etats-Unis et de la France.

Hollande mise sur la solidarité européenne

A son arrivée sur place, François Hollande avait déclaré qu'il en attendait "des avancées politiques" sur le dossier syrien en dépit des divergences existantes. Le président de la République doit notamment s'entretenir en tête à tête avec le président américain Barack Obama vendredi, mais il devrait aussi échanger avec Vladimir Poutine.

François Hollande a estimé "très important que les Européens qui sont présents au G20 (UE, France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie, NDLR) soient ensemble sur la même position de condamner l'utilisation des armes chimiques et de condamner le régime qui les a utilisées".

Sous la pression du pape

Jeudi, le pape François avait accentué la pression contre une intervention armée en Syrie, en adressant une lettre au président du G20, Vladimir Poutine. "Aux dirigeants présents [au G20 de Saint-Pétersbourg] (...) je lance un appel du fond du coeur pour (...) qu'ils abandonnent la recherche vaine d'une solution militaire", a déclaré le pape.

Le même jour, son "ministre des Affaires étrangères", le Français Dominique Mamberti réunissait 71 ambassadeurs pour leur signifier la détermination du Vatican à s'opposer à toute solution armée. François est déterminé à tout faire pour éviter une intervention militaire en Syrie: le pape a, ces derniers jours, tweeté contre la guerre et décrété une journée de jeûne.

S. A. avec AFP