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Malaysia Airlines: le Boeing reste introuvable

Des proches des passagers portés disparus, samedi, à Pékin.

Des proches des passagers portés disparus, samedi, à Pékin. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Un Boeing 777 avec 239 personnes à bord a disparu dans la nuit de vendredi à samedi. Depuis, il reste introuvable, et les familles des passagers sont rongés par l'angoisse et la tristesse. Le point sur l'enquête.

Que s'est-il passé à bord du vol MH370, reliant la Malaisie à la Chine samedi? Plus de vingt-quatre heures après le dernier contact établi avec les pilotes à bord, le mystère reste entier. Le Boeing 777 de la Malaysia Airlines s'est volatilisé des écrans radars dans la nuit de vendredi à samedi, à 150 km au nord de la côte est de Malaisie, sans émettre aucun signal de détresse.

A son bord se trouvent 239 personnes, dont deux très jeunes enfants, et quatre Français. Le temps qui s'est écoulé depuis le dernier signal émis laisse peu d'espoir quant à la survie des passagers. Samedi, dans la journée, des traînées de carburant de dix à quinze kilomètres de long ont été repérées en mer. A l'heure actuelle, il s'agit du seul élément possiblement relié à la disparition de l'avion.

>> Le déroulé de la journée de samedi ici.

Si l'accident se confirme, il pourrait s'agir de la catastrophe aérienne la plus meurtrière d'un avion de ligne depuis 2001, date de l'accident d'un Airbus A-300 d'American Airlines qui avait fait 265 morts aux Etats-Unis. BFMTV.com fait le point sur l'enquête.

> Ce que l'on sait

• Un pilote très expérimenté. Le pilote avait 53 ans, totalisait plus de 18 000 heures de vol, et travaillait pour Malaysia Airlines depuis 1981. La compagnie a enregistré peu d'accidents. Le pire désastre de ses 66 ans d'histoire a eu lieu en 1977, lorsque qu'un appareil s'était écrasé dans le sud de la Malaisie après un détournement, tuant les 93 passagers et les sept membres d'équipage. Par ailleurs, le Boeing 777 est réputé pour être un des appareils les plus sûrs.
• Quatre passagers suspects à bord. Un Italien et un Autrichien qui figuraient sur la liste des passagers qui ont embarqué à bord ne se trouvaient en fait pas dans l'avion. Leurs passeports avaient été volés par le passé. Deux passagers voyagaient donc sous de fausses identités et auraient acheté leurs billets d'avion ensemble, selon CNN. Dimanche, le ministre des Transports malaisien a indiqué que deux autres passagers potentiellement suspects ont été identifiés. "Quatre noms sont sur mon bureau", a-t-il dit. • Un avion déjà accidenté. L'appareil "a été accidenté en 2012 lors d'une escale à Shanghaï en Chine", affirme l'expert en aéronautique Bernard Chabbert, contacté par Europe 1. Selon lui, cet avion avait percuté un autre appareil, de la compagnie China Southern Airlines, sur le tarmac de l'aéroport de Shanghaï. "Des gros travaux avaient été nécessaires pour le remettre en état et le bout de son aile droite avait été remplacé", précise le spécialiste.

> Les zones d'ombres

• La question des débris. Lundi matin, un responsable malaisien a tempéré l'annonce, dimanche, de la découverte de possibles débris issus de l'avion. "Malheureusement (...) nous n'avons rien trouvé qui semble provenir de l'appareil, encore moins l'appareil lui-même", a déclaré le directeur de l'aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman. "L'aviation vietnamienne a repéré dimanche soir de possibles débris de l'avion au large de sa côte sud mais là encore aucune confirmation n'a été apportée", a-t-il ajouté.

Plus tard dans la matinée de lundi, les autorités malaisiennes assuraient que "quelque chose ressemblant à un radeau de survie chaviré" avait été trouvé flottant à la surface de l'eau. Une information rapidement démentie: il ne s'agissait que d'une "capsule couverte de mousse d'une bobine de câble", rapporte Le Figaro.fr. Par ailleurs, selon une source officielle, la nappe de carburant observée au large de la Malaisie est sans rapport avec le Boeing.

• Les failles de sécurité. Qui sont les hommes qui ont embarqué avec de faux passeports? Comment ont-ils pu monter à bord de l'avion? Ces questions, cruciales alors que l'enquête prend la piste terroriste très au sérieux, son toujours sans réponse, lundi matin.

> L'état des recherches

• De nombreux pays mobilisés. Des opérations de recherche ont été lancées par plusieurs pays, dont certains se disputent la souveraineté de certaines zones de mer de Chine méridionale. La Chine a ordonné à des navires de patrouille maritime dans la région de chercher des traces. Le Vietnam, la Malaisie et les Philippines ont également envoyé des navires et des appareils. Les recherches aériennes ont été interrompues pour la nuit, selon la compagnie, mais celles des navires va se poursuivre.
• Les familles des disparus en colère. Des amis et parents des passagers samedi étaient partagés entre les larmes et la colère. Plongées dans l'ignorance, les familles déplorent le manque d'informations apportées par Malaysia Airlines.

La plupart d'entre eux se sont rendus tôt samedi matin au terminal 3 de l'aéroport de Pékin, où l'avion assurant le vol MH370 en provenance de Kuala Lumpur devait atterrir, vers 6h30 heure locale. Ce n'est que deux heures plus tard que Malaysia Airlines a annoncé avoir perdu le contact avec son appareil. Plus tard, dans la journée, tous ont reproché à la compagnie le manque d'informations.

> Les hypothèses

• L'accident. La dernière fois que l'appareil a établi un contact, il avait atteint sa vitesse de croisière, deux heures après le décollage, et se trouvait dans des conditions météorologiques maximales. Aucun signal de détresse n'a été envoyé, ce qui signifie qu'il s'est passé quelque chose d'extrêmement grave et soudain. Les experts aéronautiques évoquent la possibilité d'une avarie technique comme la perte physique d'une aile, ou d'une explosion à haute altitude. Dimanche, les autorités malaisiennes ont évoqué, sur la foi d'analyses radars, la "possibilité réelle" que le Boeing ait fait demi-tour peu après son décollage de Kuala Lumpur.

• L'acte terroriste. La présence à bord de deux passagers volant sous de fausses identités avec des passeports volés pose question. Le Premier ministre malaisien Najib Razak, interrogé sur l'éventualité d'un acte d'une telle nature, a souligné que le gouvernement étudiait "toutes les possibilités".

Dimanche, la Malaisie a lancé une enquête pour terrorisme, tout en annonçant que quatre personnes suspectes se trouvaient à bord. "Nos services de renseignement ont été mobilisés et bien sûr les agences de contre-terrorisme (...) de tous les pays concernés ont été informées", a déclaré le ministre malaisien des Transports. De leur côté, les Etats-Unis ont envoyé des agents et experts pour aider dans l'enquête.

> Qui sont les passagers portés disparus?

• De nombreuses nationalités. Malaysia Airlines a publié la liste détaillée des nationalités des 239 personnes -dont 227 passagers et 12 membres d'équipage- se trouvant à bord du vol MH370. Il y a 154 Chinois et Taïwanais, dont un très jeune enfant, 38 Malaisiens, 5 Indiens, 7 Indonésiens, 6 Australiens, 3 Américains, dont un très jeune enfant, 2 Néo-Zélandais, 2 Ukrainiens, 2 Canadiens, 1 Russe, 1 Néerlandais, et 4 Français. Deux autres passagers voyagent avec des passeports volés, et on ne connaît pas leur véritable nationalité.

• Une famille française à bord. Laurence W., 52 ans, a pris l'avion samedi avec ses deux enfants, Ambre, 14 ans, et Hadrien, 17 ans. Yan Zhao, 18 ans, adolescente franco-chinoise et petite amie d'Hadrien, était avec eux à bord. La famille réside à Pékin, et les trois adolescents sont scolarisés au lycée français de Pékin, où Laurence W. est vice-présidente de l'association des parents d'élèves. Tous quatre venaient de passer quelques jours de vacances en Malaisie, et regagnaient la capitale chinoise.

Alexandra Gonzalez et S. C.