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Après Charlottesville, les liens entre le père de Trump et le KKK ressurgissent

Des néo-nazis et des membres de "l'alt-right" affrontent des contre-manifestants, samedi 12 août à Charlottesville, en Virginie

Des néo-nazis et des membres de "l'alt-right" affrontent des contre-manifestants, samedi 12 août à Charlottesville, en Virginie - CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Trois jours après le drame de Charlottesville, un article du New York Times révélant l'arrestation de Fred Trump lors d'une manifestation du KKK en 1927 a refait surface.

La timide réaction de Donald Trump après le drame de Charlottesville a relancé le débat concernant les accointances du président avec les mouvements issus de l'extrême droite américaine. Samedi 12 août, une jeune femme est décédée et une vingtaine de personnes ont été blessées lors d'affrontements dans cette petite bourgade de Virginie.

Mais le président s'était dans un premier temps montré réticent à condamner nommément les groupuscules suprémacistes impliqués dans ces violences. Nombre de ses détracteurs avaient alors rappelé les liens étroits entre le président et une partie de l'extrême droite américaine. L'occasion également pour la presse de faire resurgir un vieil article pour le moins embarrassant du New York Times.

Sept hommes arrêtés, dont Fred Trump

Daté de mai 1927, le texte, qui avait été pour la première fois retrouvé dans les archives du quotidien américain par le site Boing Boing en septembre 2015, révèle l'arrestation de Fred Trump, le père de l'actuel président des Etats-Unis, lors d'une manifestation du Ku Klux Klan à la date du Memorial Day.

Ce jour-là, deux Italiens membres d'un groupe fasciste sont tués par des militants dans le Bronx. Pendant ce temps, près de mille hommes du KKK vêtus de grandes capuches blanches pointues se dirigent vers le quartier Jamaica, dans le Queens, entraînant de violentes échauffourées. Au total, sept hommes sont arrêtés, dont Fred Trump, alors âgé de 21 ans.

Selon le Washington Post, la marche du Ku Klux Klan était alors destinée à dénoncer "l'agression" subie par les "Américains protestants natifs" de la part de "la police catholique" de New-York.

"La Liberté et la Démocratie ont été piétinées [...] les Américains protestants osent s'organiser pour protéger un drapeau, le drapeau américain, une école, l'école publique, et une langue, la langue anglaise", poursuivait le tract distribué peu de temps avant le défilé dans le quartier.

Le président change de ton

Lors de la première réapparition de cet article, Donald Trump avait nié l'arrestation de son père. "Il n'a jamais été arrêté. Il n'a rien à voir avec cela", avait-il indiqué à la presse américaine. En février 2016, le président américain avait également assuré dans une interview donnée à CNN ne "rien connaître" de David Duke, ancien militant du Ku Klux Klan, ni des mouvements "suprémacistes blancs". David Duke, toujours militant convaincu de la cause du suprémacisme blanc, était présent ce weekend à Charlottesville. Depuis, il multiplie les appels du pied au président des Etats-Unis, lui demandant notamment de se "souvenir que ce sont les Américains blancs qui vous ont installé à la présidence, pas les gauchistes".

Ce lundi, après s'être retrouvé sous les feux des critiques pour ses atermoiements à la suite des événements de Charlottesville, Donald Trump a changé de ton, dénonçant des "violences racistes" et pointant du doigt "le KKK, les néo-nazis et les suprémacistes blancs".
Maëva Poulet