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Trump-Macron: la fin de leur amitié

Donald Trump et Emmanuel Macron à Bruxelles en mai 2017.

Donald Trump et Emmanuel Macron à Bruxelles en mai 2017. - Mandel NGAN / AFP

La "bromance" entre Donald Trump et Emmanuel Macron a du plomb dans l'aile. Ce mardi dans une salve de tweets, le président américain a attaqué frontalement son homologue français, rompant avec leurs relations amicales des débuts.

La première poignée de main appuyée et virile entre Donald Trump et Emmanuel Macron, le 25 mai 2017 à Bruxelles, pouvait-elle laisser présager leur relation tumultueuse?

Ce mardi sur Twitter, au lendemain de sa visite à Paris pour les commémorations du 11-Novembre, Donald Trump s'en est pris frontalement à Emmanuel Macron, ironisant sur l'occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale pour justifier son opposition à la création d'une armée européenne.

Alliés ou adversaires?

Leur relation diplomatique avait pourtant bien commencé. Dans un premier temps, Emmanuel Macron s'était même présenté comme l'interlocuteur européen privilégié du président Trump. Ces 18 derniers mois, les deux chefs d'Etat s'étaient montrés plutôt complices et avaient même pris l'habitude de s'étendre en gestes et autres embrassades publiques pour illustrer, au-delà des chaleureuses relations entre leurs deux pays, une excellente entente personnelle.

En juillet 2017 au sommet du G20 par exemple, Emmanuel Macron avait affiché une proximité stratégique avec le locataire de la Maison Blanche. Une relation privilégiée scellée le 14 juillet, lorsque Donald Trump avait été convié au traditionnel défilé militaire de la Fête nationale, sur les Champs-Elysées. La presse américaine y avait alors vu le début d'une "bromance inattendue".

"Nous avons trouvé des alliés sûrs, des amis qui sont venus à notre secours" avait tweeté le président Macron. "Les Etats-Unis d’Amérique sont de ceux-ci. Rien ne nous séparera jamais".

Une relation teintée de défiance

Dès le début, leur "bromance" surprend, tant leurs styles et leurs idées divergent. Malgré tout, ces divergences n'empêchent pas la multiplication des actes de camaraderie. "Il est fort, il est intelligent, c’est un honneur d’être avec Emmanuel", commentait encore Donald Trump avant une assemblée des Nations unies en septembre 2017. 

"La force de cette relation, c’est que nous nous disons tout" avait quant à lui confié le président français. "Ça ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout. Mais nous sommes d’accord sur beaucoup de choses".

En avril dernier encore, Donald Trump avait déroulé le tapis rouge à Emmanuel Macron pour sa première visite à Washington. Dans une surprenante séquence, le président américain était même allé jusqu'à retirer les quelques pellicules sur sa veste. Un mélange d'humour, de provocation et de défiance. En avril, Emmanuel Macron avait confié à la chaîne conservatrice Fox News avoir "une relation personnelle très forte" avec le président américain.

Mais ces derniers mois, les relations entre les deux présidents sont devenues moins chaleureuses. Notamment depuis que Donald Trump a décidé de se retirer de l'accord sur le nucléaire iranien, en mai dernier. Les relations se seraient tendues depuis une discussion téléphonique entre les chefs d'Etat sur les taxes sur les importations d'acier et d'aluminium.

"Nous savons sur quoi nous ne sommes pas d'accord et nous sommes très francs sur ces sujets" a confié Emmanuel Macron dimanche à la chaîne américaine CNN, régulièrement prise pour cible par le président Trump. "Mais nous travaillons bien ensemble car nous avons des discussions régulières et directes".

Jusqu'ici, Emmanuel Macron avait été relativement épargné par les excès de colère de Donald Trump, contrairement à Angela Merkel, à Theresa May et à Justin Trudeau, qui ont tous essuyé quant à eux les foudres du 45e président des Etats-Unis.

Jeanne Bulant