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Les armes, le combat perdu d'Obama

Barack Obama a déploré une fois de plus ces tueries qui se reproduisent aux Etats-Unis et sont "sans équivalent ailleurs dans le monde". Mais le président américain ne parvient pas à faire évoluer la législation sur le port d'armes.

Le président américain a adressé mercredi ses condoléances aux familles de victimes de la fusillade de San Bernardino, en Californie, déplorant des scènes qui se répètent quasi quotidiennement à travers les Etats-Unis. "Il y a des mesures que nous pourrions prendre, non pas pour éliminer toutes ces fusillades, mais pour améliorer les chances qu'elles ne se produisent pas avec une telle fréquence", a déclaré Barack Obama sur CBS.

"Nous ne devrions jamais considérer que cela fait partie du cours normal des choses", a martelé le président américain, qui réclame de longue date un durcissement de la législation sur les armes mais se heurte à l'opposition du Congrès contrôlé par les républicains.

Après la tuerie à la Sandy School de Newton en décembre 2012, le président américain avait déjà tenté d'introduire une réforme restreignant l’achat des armes à feu. Les pressions des lobbys d’arme - dont la puissante NRA - et le refus du Congrès en avril 2013 avaient réduit son projet à néant.

"Vu depuis la France, on pourrait croire que le président américain a beaucoup de marges de manœuvres sur le sujet, mais en politique intérieure, le président des Etats-Unis est totalement soumis à l'opinion du Congrès, c'est différent de ce qu'il se passe sur la scène internationale. Et sans le Congrès, Barack Obama ne pourra rien faire", rappelle Soufian Alsabbagh.

Ce spécialiste de la politique américaine rappelle qu'une majorité d'Américains reste favorable au deuxième amendement de la Constitution. Elle stipule que:

"Une milice bien organisée, étant nécessaire à la sécurité d'un Etat libre, le droit qu'a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé".

Il s’agit d’un droit fondamental, au même niveau que la liberté religieuse ou celle d’opinion. Seuls les malades mentaux ou les personnes avec un casier criminel peuvent, par la loi, se voir refuser l’acquisition d’une arme à feu, et peu importe que seulement 1% des demandes d’autorisation d’achat soient rejetées par les revendeurs d’armes licenciés.

Pour autant, tout n'est pas bloqué. "En 2014, 55% des Américains étaient favorables au 'background check'", la vérification des antécédents des personnes souhaitant acheter une arme à feu, rappelle Soufian Alsabbagh. "Là, il y a quelquechose à faire", selon lui.

Marie-Cécile Naves, sociologue spécialiste de la droite américaine, estime pour sa part que le pays est très clivé sur le sujet et qu'une "partie croissante de la population est très défavorable au port d'arme, depuis la tuerie de Newton il y a trois ans." Elle rappelle néanmoins que "le principal lobby des armes finance allègrement toutes les campagnes". Le clivage est donc plus compliqué qu'une simple opposition entre démocrates et républicains.

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Barack Obama

K. L.