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Le vote des minorités, enjeu du "Super Tuesday" aux Etats-Unis

Le "Super Tuesday" est un jour déterminant pour les candidats aux primaires américaines: une campagne peut aussi bien être propulsée au somment ou bien sombrer. Pour gagner dans les Etats qui rapportent le plus de délégués, il faudra inévitablement convaincre les minorités. Parmi les sept candidats encore en lice, qui saura les persuader?

On ne l’appelle pas "Super Tuesday" pour rien. Ce mardi 1er mars, les candidats américains vont se disputer 1.460 délégués: 865 pour le camp démocrate et 595 pour le Parti républicain. Mais qu’ils soient de gauche ou de droite, la victoire ne se fera pas sans le vote des minorités. Dans les douze Etats qui organisent un scrutin ce mardi (onze pour les démocrates et onze pour les républicains), les communautés noires et hispaniques y sont particulièrement représentées, à commencer par le Texas, la Géorgie et l’Alabama.

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Hillary Clinton, ou l'art de la reconquête

Du côté du Parti démocrate, Hillary Clinton part en grande favorite dans six Etats, tous situés dans le Sud des Etats-Unis: Texas, Géorgie, Virginie, Tennessee, Alabama et Arkansas. Comme le scrutin de samedi dernier en Caroline du Sud l’a démontré, la candidate semble avoir conquis les noirs Américains, encore plus que son rival de 2008, Barack Obama. D’après le Washington Post, cette victoire, elle la doit surtout aux femmes noires, la plus grande catégorie d’électeurs à s’être déplacée dans les urnes.

Pour la communauté noire, l’ancienne secrétaire d'État est la digne héritière de Barack Obama, la seule à pouvoir continuer son programme politique. Voter pour Hillary Clinton, c’est avant tout exprimer sa loyauté envers le 44e président des Etats-Unis. L’ancienne sénatrice a notamment reçu le soutien de cinq mères de famille qui militent pour une régulation plus stricte des armes à feu dans le pays, une mesure que Barack Obama peine à mettre en œuvre actuellement.

Fin d'un rêve pour Bernie Sanders ?

Bernie Sanders, en revanche, ne fait pas l’unanimité. Quasiment inconnu il y a encore quelques mois, le sénateur démocrate du Vermont remportera certainement les petits Etats du Nord-Est des Etats-Unis, où l’électorat y est majoritairement blanc. Cependant, dans les régions du Sud, les minorités le trouvent trop radical – le Congrès, majoritairement républicain, l’empêcherait de faire voter de nouvelles lois – et craignent notamment de voir disparaître la loi phare de l’actuel président, Obamacare.

Même si le septuagénaire fini par remporter un ou plusieurs petits Etats aujourd’hui, il est peut-être déjà trop tard: grâce aux grands Etats qui regorgent de délégués (plus de 200 délégués à la clef au Texas), Hillary Clinton continuera à consolider son avance.

Donald Trump, le candidat de la communauté hispanique?

Pour le Parti républicain, c’est moins évident. Tout d’abord parce que, traditionnellement, les minorités adhèrent au Parti démocrate. Puis, lors du caucus du Nevada, celui qui a réussi à convaincre les électeurs hispaniques ne s’appelle ni Ted Cruz ni Marco Rubio… mais bel et bien Donald Trump.

Pour la première fois dans l’histoire des Etats-Unis, deux candidats d’origine hispanique pourraient potentiellement investir la Maison Blanche; on pourrait donc croire que le vote "latino" leur serait réservé. Et pourtant, le businessman – qui avait fait des déclarations provocantes lors du lancement de sa campagne en promettant d’ériger un mur entre le Mexique et les Etats-Unis – avait remporté 45% de leurs voix. Sa recette? Un discours politique centré sur l’emploi et l’immigration illégale.

Mais il s’avère que seuls 8% des électeurs hispaniques du Nevada avaient participé au scrutin républicain du 23 février dernier, et la marge d’erreur de cette estimation serait de 10%, toujours selon le Washington Post. Une observation qui complique davantage les pronostics pour "Super Tuesday".

Néanmoins, Donald Trump continue à être en tête des sondages dans tous les Etats, ou presque. La seule ombre à son tableau: le Texas, l’Etat du sénateur Ted Cruz. Ce dernier devra creuser l’écart pour espérer tenir tête au leader. Si Donald Trump continue sur sa lancée, d’autres candidats annonceront très prochainement leur retrait.

Priscilla Peyrot