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Présidentielle américaine: qui est Ted Cruz, le rival de Donald Trump?

Ted Cruz, le rival de Donald Trump dans la course à l'investiture républicaine.

Ted Cruz, le rival de Donald Trump dans la course à l'investiture républicaine. - Scott Olson - Getty Images North America - AFP

PORTRAIT – En deuxième position dans les sondages, il est désormais le principal challenger de Donald Trump dans la course à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle américaine. Très conservateur, le sénateur du Texas pourrait bien faire de l’ombre au magnat de l’immobilier, alors que les primaires sont sur le point de commencer outre-Atlantique.

Peut-il faire vaciller l’inébranlable Donald Trump? Candidat à l’investiture républicaine dans la course à la Maison Blanche, le sénateur du Texas Ted Cruz s’est hissé à la deuxième place des sondages ces dernières semaines, devenant un adversaire de poids pour le favori Donald Trump, alors que les menaces que pouvaient représenter Ben Carson et Marco Rubio se sont dissipées. Selon plusieurs sondages, Ted Cruz talonnerait le milliardaire dans l’Iowa, où le premier caucus des primaires doit se tenir le 1er février.

Cruz-Trump, même combat

Né au Canada d’un père cubain et d’une mère américaine, devenu Texan lorsqu’il avait 4 ans, Ted Cruz, aujourd'hui 45 ans, est diplômé de Princeton et Harvard, et avocat de formation. Elu au Sénat en 2012 après avoir reçu entre autres le soutien de l’ancienne gouverneur d’Alaska Sarah Palin - laquelle vient de rallier Trump pour la présidentielle, il se place du côté de l’aile très conservatrice du parti républicain, et est un défenseur convaincu des thèses du Tea Party.

En termes d’idées, Ted Cruz et son grand rival Donald Trump jouent sur le même terrain. Les causes que l’élu texan a pu défendre tout au long de sa carrière, comme la peine de mort, le droit au port d'armes (“Vous ne vous débarrassez pas des voyous en vous débarrassant de nos armes. Vous vous débarrassez des voyous en utilisant nos armes”, a-t-il déclaré en décembre), la lutte contre l'avortement, mais aussi son opposition à l’accord avec l’Iran et au mariage homosexuel, en font d’ailleurs le candidat le plus à droite de cette primaire républicaine. Et en matière d’immigration, Cruz est favorable à l’interdiction d’accès à la citoyenneté aux migrants sans papiers.

Sur ces mêmes thèmes, Donald Trump a viré à droite pour sa campagne. Mais si les deux leaders de la course apparaissent comme deux figures de l’anti-establishment, Ted Cruz part avec un avantage de taille: à la différence du milliardaire, qui n’a jamais exercé de mandat politique, il témoigne d’une vraie expérience, qui pourrait faire basculer la donne en sa faveur lors des primaires.

Envolée dans les sondages

Ted Cruz a été le premier républicain à officialiser sa candidature, en mars 2015. Mais il n’a véritablement émergé dans les sondages qu’en décembre, jusqu'à devenir aujourd’hui le principal challenger de Donald Trump. Le dernier sondage CNN réalisé auprès des républicains ayant l'intention de participer au vote de l'Iowa, où le premier caucus des primaires doit se tenir le 1er février, donne 37% des voix au milliardaire contre 26% à Ted Cruz, suivi de Marco Rubio à 14%, avec une marge d'erreur de 6 points. Et selon une autre étude, publiée par CBS News le 24 janvier, Ted Cruz talonnerait le magnat de l’immobilier dans l’Iowa, avec 34% des voix contre 39 pour Trump.

Pour plusieurs observateurs, Ted Cruz pourrait marquer des points auprès de l’électorat religieux, et notamment évangélique, une frange de la population que Donald Trump ne parvient pas à séduire, et qui s’était révélée cruciale lors des scrutins de 2012 et 2008 dans l’Iowa. Lors d'un long meeting à Waterloo, dans l’Iowa, le 23 janvier, devant des milliers de personnes dont de nombreux conservateurs religieux, le sénateur du Texas a d'ailleurs reçu le soutien de l'animateur de télévision conservateur Glenn Beck, qui a livré une vision apocalyptique de l'avenir de l'Amérique en cas d'élection d'un républicain trop modéré ou d'un faux conservateur.

La nouvelle cible de Trump

Les deux hommes entretenaient depuis le début de la campagne une rivalité cordiale. De tous les candidats républicains, Ted Cruz est celui qui a le plus ménagé Donald Trump, alors même que tout le parti tombait sur l'homme d'affaires pour ses sorties anti-musulmans et ses autres outrances. En retour, le milliardaire avait dit, lors d'un débat en décembre, que le sénateur texan avait "un tempérament merveilleux".

Donald Trump et Ted Cruz, durant un débat entre candidats républicains, le 15 décembre 2015, à Las Vegas.
Donald Trump et Ted Cruz, durant un débat entre candidats républicains, le 15 décembre 2015, à Las Vegas. © Robyn Beck - AFP

Mais ce temps est bel et bien révolu. Agacé par son ascension fulgurante dans les sondages, l'homme d'affaires new-yorkais est récemment entré dans une guerre ouverte contre le sénateur du Texas. Après l'avoir traité de "fou" en décembre, Donald Trump a ressorti un vieux dossier des tiroirs, début janvier: la naissance de Ted Cruz au Canada, et son éventuelle inéligibilité à la présidence des Etats-Unis. Ted Cruz, dont la mère est née aux Etats-Unis, et qui a abandonné sa nationalité canadienne en 2014, a choisi de répondre à cette pique avec ironie, en moquant l’état de panique de son adversaire à l’approche des primaires, qui le pousserait à faire n’importe quoi.

Il en fallait plus pour décourager Donald Trump. Alors que la campagne bat son plein dans l'Iowa, celui-ci vient de livrer une nouvelle attaque, à travers un spot télévisé qui vise directement son rival, et dans lequel il l'accuse d'être pro-immigration.

Ted Cruz, qui jusqu'ici se gardait de toute critique trop virulente à l'encontre du milliardaire dans l'espoir de récupérer ses voix, vient lui aussi de sortir sa première publicité anti-Trump, où il évoque une affaire d'expropriation datant des années 1990 à Atlantic City. Affaire dans laquelle le New-Yorkais, qui avait voulu construire un parking à limousines près de son casino, était responsable. "Trump ne changera pas le système. Il incarne ce qui ne va pas dans le système", conclut le spot. Un avant-goût de la bataille de l'Iowa, qui se jouera le 1er février.