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Primaire démocrate: qui est Bernie Sanders, le principal rival d'Hillary Clinton?

Bernie Sanders en meeting à Boston, dans le Massachusetts, le 3 octobre.

Bernie Sanders en meeting à Boston, dans le Massachusetts, le 3 octobre. - Darren McCollester - Getty Images North America - AFP

Il affrontera Hillary Clinton en prime time sur CNN, ce mardi soir, lors du premier débat télévisé entre les candidats à la primaire démocrate en vue de la présidentielle américaine de 2016. En l'espace d'un été, Bernie Sanders, 74 ans, s'est imposé comme le principal rival de la favorite des sondages. Portrait.

Il a créé la surprise en se hissant en haut des sondages en l'espace de quelques mois. Alors que Joe Biden, pourtant plébiscité, ne s'est pas encore déclaré candidat, Bernie Sanders, 74 ans, se présente comme le principal rival de la favorite côté démocrate, Hillary Clinton. Sénateur indépendant du Vermont depuis 2007, membre du Congrès depuis 1991, Bernie Sanders est le candidat le plus à gauche chez les candidats à l'investiture démocrate, qui se plieront à l'exercice du débat télévisé pour la première fois, ce mardi soir, à Las Vegas.

Les milliardaires et la finance dans le viseur

Originaire de Brooklyn, militant pour les droits civiques pendant ses années d'étudiant à Chicago, celui qui se revendique depuis toujours comme "socialiste démocrate" -ce qui a de quoi effrayer une large frange des électeurs américains- a fait de Wall Street et du monde de la finance en général, mais aussi des élites et des milliardaires, ses principaux ennemis.

"Nous sommes les 99%, il est temps que nous reprenions le pouvoir aux 1%", lance ainsi Bernie Sanders à son auditoire. Et d'adresser un message clair aux milliardaires: "Vous ne pouvez pas tout avoir".

Se positionnant à gauche du parti démocrate, Bernie Sanders axe son programme sur la réduction des inégalités. Pour ce faire, il veut notamment élargir la couverture maladie, augmenter le salaire minimum, taxer davantage les plus hauts revenus, rendre les universités publiques gratuites et mettre en place des congés payés.

Une campagne financée par les petits dons

Contrairement à celles de ses rivaux, la campagne de Bernie Sanders est financée par des petits dons, et non par de gros chèques signés par de riches donateurs, ce qui lui permet de surfer sur son image "anti-système". Ainsi, selon l'équipe de campagne du candidat, 99% des contributeurs ont donné des sommes inférieures à 100 dollars.

Des petits dons qui ne l'ont pas empêché d'amasser des sommes colossales. A la fin du mois de septembre, la candidature de Bernie Sanders, annoncée le 30 avril dernier, totalisait un million de donations. Un chiffre atteint plus vite que dans n'importe quelle autre campagne présidentielle de l'histoire américaine. A titre de comparaison, la première campagne de Barack Obama n'avait atteint le million de donations qu'en février 2008.

En termes d'argent, Bernie Sanders est parvenu à réunir 26 millions de dollars (22,8 millions d'euros) en l'espace de trois mois, entre juillet et septembre, rapporte Le Monde, se classant ainsi en deuxième position dans le tableau des financements obtenus par les candidats démocrates. Sur la même période, Hillary Clinton a collecté à peine plus (28 millions de dollars), alors même qu'elle dominait largement Sanders au trimestre précédent (47,5 millions contre 15,2 millions de dollars). 

Ascension dans les sondages

Enchaînant les bons résultats et attirant des foules compactes à ses meetings, Bernie Sanders a créé la surprise l'été dernier, en se hissant en deuxième position des intentions de vote à la primaire démocrate, juste derrière Hillary Clinton. Le septuagénaire au crâne dégarni et aux meetings à l'ancienne, qui n'était pas considéré comme un challenger sérieux, est parvenu à séduire en nombre les électeurs potentiels. Et a probablement été favorisé, du moins dans les courbes, par les déboires d'Hillary Clinton, empêtrée dans le scandale de sa messagerie électronique privée.

Entre juillet et août, Bernie Sanders a ainsi progressé de dix points dans les intentions de vote, à 29%, tandis qu'Hillary Clinton en perdait neuf, à 47%. Un sondage CBS News publié dimanche place Clinton à 46% des intentions de vote au niveau national, et Sanders à 27%.

Mais dans le New Hampshire, un des Etats clés du pays, parmi les premiers à voter lors de la primaire, Bernie Sanders prend le pas sur sa rivale, à 41% des intentions de vote chez les démocrates, contre 33,2%. Dans l'Iowa, un autre Etat déterminant, il la talonne de près (40,6% contre 34,6%). 

La menace Joe Biden

Toutefois, Bernie Sanders pourrait, à terme, être pénalisé par son âge. Avec six ans de plus qu'Hillary Clinton, il est le plus vieux candidat en lice chez les démocrates.

Par ailleurs, l'inconnue Joe Biden plane toujours sur la primaire. Le vice-président n'a en effet toujours pas annoncé sa candidature, mais est d'ores et déjà très plébiscité par les électeurs dans les sondages, dans lesquels il arrive en troisième position. Si Biden, qui avait déjà tenté sa chance à deux reprises à la primaire démocrate, en 1988 et en 2008, venait à se lancer, il représenterait une menace plus que sérieuse pour Sanders.

Le débat de ce mardi soir constitue une première pour le "socialiste démocrate", qui ne s'est jamais plié à ce genre d'exercice à l'échelle nationale et en prime time à la télévision. Le défi est donc de taille. Mais l'homme est décrit comme un débatteur combatif par ses anciens adversaires politiques, ce qui devrait lui permettre de se confronter directement à Hillary Clinton.