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Ingérence russe dans la campagne présidentielle: les premières arrestations aux Etats-Unis?

Robert Mueller, le procureur spécial nommé pour enquêter sur la possible ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle.

Robert Mueller, le procureur spécial nommé pour enquêter sur la possible ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle. - AFP

Une première interpellation pourrait avoir lieu ce lundi dans le cadre de l'enquête menée par un procureur spécial sur des possibles liens entre le Kremlin et l'équipe de Donald Trump pendant la campagne présidentielle. Vendredi, plusieurs inculpations ont déjà été prononcées.

L'enquête sur une possible ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine de 2016, qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche, connaît une certaine accélération. Une ou plusieurs inculpations pourraient être prononcées officiellement par le procureur spécial Robert Mueller, après qu'un grand jury les a approuvées vendredi dernier. Sous scellés jusqu'à leur officialisation, elles pourraient s'accompagner de placement en détention.

Au mois de janvier dernier, trois agences américaines de renseignement ont conclu que le gouvernement russe avait bien tenté de favoriser Donald Trump tout en discréditant Hillary Clinton. Pour cela, des opérations de piratage, la diffusion d'emails personnels des responsables du parti démocrate et l'utilisation de l'appareil de propagande de l'Etat russe ont été menées, assurent le FBI, la CIA et la NSA dans un rapport commun.

Entrave à la justice

L'affaire avait subi un nouveau rebondissement avec le limogeage de James Comey, l'ancien patron du FBI, au mois de mai. Ce dernier enquêtait sur les possibles collusions entre les autorités russes et l'équipe de campagne de Donald Trump. Lors d'une audition par une commission du Sénat, James Comey avait déclaré que le président américain lui avait demandé de "laisser tomber" une enquête sur des liens entre Michael Flynn, éphémère conseiller à la Sécurité nationale de Trump, et la Russie. L'enquête de Robert Mueller porte également sur une possible entrave à la justice de Donald Trump.

Le président américain, aidé par plusieurs élus républicains et une partie du monde conservateur, tentent de déplacer l'affaire du terrain judiciaire au terrain politique. Ils multiplient à ce titre les contre-attaques depuis plusieurs jours. Dimanche soir, Donald Trump estime, sur Twitter, que "toutes ces histoires russes" sortent "quand les républicains s'attaquent à une baisse et réforme historiques des impôts. Est-ce une coïncidence? NON!" Déjà à la fin de semaine dernière, il a allumé des contre-feux visant les démocrates et Hillary Clinton, accusée elle-même de collusion avec la Russie lors de la vente de la société canadienne Uranium One, détenant des mines américaines, au groupe public russe Rosatom en 2010.

Terrain politique

La révélation que le camp Clinton et le parti démocrate avaient financé une enquête privée sur Donald Trump, et compilée dans un "dossier" sulfureux, a aussi fait couler beaucoup d'encre dans le camp conservateur.

"Jamais vu autant de colère et d'unité républicaine concernant l'absence d'enquête sur le faux dossier fabriqué par Clinton (...), sur la vente d'uranium à la Russie, sur les 33.000 emails supprimés, sur l'affaire Comey, et tant d'autres choses..." a écrit Donald Trump sur Twitter, énumérant les diverses "affaires" Clinton.

L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, figure parmi la liste des personnes qui intéressent les enquêteurs, notamment en raison de ses relations financières avec la Russie, en tant que lobbyiste et consultant au fil des années. Quant à Michael Flynn, éphémère premier conseiller à la sécurité nationale du président, il serait aussi pris dans la nasse pour son travail de lobbying.

Il a également rencontré des responsables russes après l'élection. La chaîne américaine CNN, qui révélait vendredi ces inculpations, ne détaillait pas les charges retenues, ni les personnes visées. Des républicains estiment alors que la fuite d'informations à CNN vendredi sur l'imminence d'une inculpation est un scandale en soi, et mérite des poursuites.

Justine Chevalier avec agences