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Comey assure que Trump ne lui a pas demandé d'"arrêter" l'enquête sur la Russie

Lors d'une audition devant le Sénat américain, l'ancien chef du FBI James Comey, revient sur les détails de son limogeage par Donald Trump, alors qu'il enquêtait sur des soupçons d'intervention russe lors de la campagne présidentielle américaine.

L'audition de l'ex-directeur du FBI James Comey a commencé jeudi au Sénat américain, où il doit raconter les interventions du président Donald Trump dans l'enquête sur la Russie avant son limogeage le mois dernier. Les faits portent sur ce qu'a pu faire le président des Etats-Unis pour empêcher le déroulement normal de l'enquête sur les liens entre son équipe de campagne et des responsables russes.

Lors d'une conversation en tête à tête avec, James Comey, Donald Trump a notamment laissé entendre qu'il souhaitait que Comey renonce à son enquête sur les relations entre l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, et la Russie. Début mai, le président avait limogé James Comey et se serait vanté à des diplomates russes d'avoir ainsi fait dérailler l'enquête, selon le New York Times.

La séance, retransmise en direct sur de nombreuses chaînes de télévision, s'est ouverte dans une salle comble. James Comey, le visage fermé et mitraillé par les photographes, a d'abord lu une déclaration liminaire, déjà publiée mercredi, dans laquelle il a raconté que le dirigeant américain lui avait demandé d'abandonner l'enquête sur l'un de ses proches, le général Michael Flynn, ce qui représente pour certains élus d'opposition une tentative d'entrave à la justice.

Comey s'estime diffamé par l'administration Trump

En premier lieu, James Comey a affirmé que l'administration Trump l'avait diffamé, ajoutant que les demandes de Donald Trump sur l'enquête russe étaient dérangeantes. L'ancien directeur du FBI affirme également que ce n'est pas son rôle de dire si le président des États-Unis à fait entrave à la justice.

"Bien que la loi n'exige aucun motif pour renvoyer un directeur du FBI, l'administration a choisi de me diffamer ainsi que le FBI, et c'est le plus important, en affirmant que l'agence était en déroute, qu'elle était mal gérée, et que les employés avaient perdu confiance dans leur directeur. Ce sont des mensonges purs et simples", a assuré James Comey.

"Le FBI est honnête. Le FBI est fort et le FBI est et sera toujours indépendant", a ajouté l'ancien premier policier des Etats-Unis.

Trump ne lui a pas demandé d'"arrêter" l'enquête

James Comey assure que Donald trump ne lui a pas demandé d'"arrêter" l'enquête sur l'ingérence russe lors des élections aux États-Unis.

"Directeur Comey, est-ce que le président, à un quelconque moment, vous a demandé d'arrêter l'enquête du FBI sur l'ingérence russe dans l'élection américaine de 2016 ?", a interrogé Richard Burr, le président de la commission. "Non", a répondu James Comey, écartant d'un même "non" une telle demande émanant d'un "individu de l'administration" Trump.

  • Donald Trump s'attendait "à de la loyauté"

James Comey a relaté un dîner à la Maison Blanche, le 27 janvier, lors duquel Donald Trump lui aurait dit: "J'ai besoin de loyauté, je m'attends à de la loyauté", une demande ambigüe adressée à l'homme qui supervisait à l'époque l'enquête sur une éventuelle collusion entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie pendant la campagne présidentielle de 2016.

Pour le vice-président démocrate de la commission, Mark Warner, cette exigence de loyauté ressemble à une menace. "Le président lui-même semble avoir tenté d'influencer ou de coopter le directeur du FBI", a déclaré Mark Warner. 

Comey a considéré les paroles de Trump "comme une instruction"

Concernant les demandes de Donald Trump sur Michael Flynn, James Comey a assuré que le président américain ne lui avait pas explicitement demandé d'abandonner l'enquête sur Michael Flynn, mais qu'il avait pris les paroles de Donald Trump "comme une instruction".

"J'espère que vous pourrez trouver une façon d'abandonner cela, de lâcher Flynn" , lui aurait notamment dit Donald Trump.

"J'espère bien qu'il y a des enregistrements"

Comey a assuré qu'il espérait bien que ses conversations avec Donald Trump aient été enregistrées, comme le milliardaire l'en avait menacé dans un tweet.

"J'ai choisi mes mots avec soin. J'ai vu le tweet sur les enregistrements. J'espère bien qu'il y a des enregistrements", a déclaré James Comey.

  • James Comey instigateur de la fuite dans la presse de ses notes

James Comey, a avoué avoir lui-même organisé les fuites dans la presse de ses notes sur ses rencontres avec Donald Trump, afin de provoquer une enquête indépendante sur les ingérences russes dans l'élection américaine.

"J'ai demandé à un de mes amis de remettre le contenu de mes notes à un journaliste. Je ne l'ai pas fait moi-même pour différentes raisons, mais je l'ai fait parce que je pensais que cela pousserait à la nomination d'un procureur spécial", a assuré James Comey.

Suite à ces fuites, Robert Mueller, un autre ancien directeur du FBI, avait été nommé le lendemain, afin de faire toute la lumière sur l'ingérence russe dans l'élection et l'éventuel rôle de l'entourage de Donald Trump.

Comey convaincu de l'ingérence russe

Une heure et demi après le début de l'audition, James Comey s'est montré catégorique quand à l'implication de la Russie dans l'élection présidentielle américaine.

"Les russes sont intervenus pour perturber notre processus électoral. L'effort technique était considérable les moyens utilisés sophistiqués, et cela venait des sommets du pouvoir russe, nous n'avons aucun doute là-dessus. Il n'y a pas matière à interprétation, cela s'est réellement produit", a assuré t-il assuré devant le Sénat.

  • Juste après la première partie de l'audition, une porte-parole de la Maison Blanche, répondant à la question d'un journaliste, a assuré que Donald Trump "n'est pas un menteur".

"Je peux affirmer avec certitude que le président n'est pas un menteur et franchement je me sens insultée par cette question" a lancé Sarah Huckabee Sanders, lors d'un point presse hors caméra.

G.D. avec AFP