BFMTV

Tuerie d'Orlando: Clinton rompt avec Obama et prononce les mots d'"Islam radical"

Poussée dans ses retranchements par son rival Donald Trump, la candidate démocrate à la Maison Blanche a consenti à parler d'"islam radical" au lendemain de la tuerie d'Orlando.

La fusillade d'Orlando, la pire dans l'histoire des Etats-Unis avec 49 morts, l'a poussée à prendre ses distances avec Barack Obama. Accusée de faiblesse face à la menace terroriste par son adversaire républicain Donald Trump, Hillary Clinton, candidate présumée du parti démocrate pour la présidentielle de novembre aux Etats-Unis, a affirmé qu'elle n'avait pas peur de parler d'"islam radical".

Dans une interview accordée à CNN lundi matin, l'ancienne Secrétaire d'Etat a expliqué que les mots importaient moins que les actes, mais qu'employer le terme ne lui posait pas de problème.

Répondant au magnat de l'immobilier, qui pointait du doigt son refus de parler d'"islam radical" afin de ne pas stigmatiser la religion musulmane, Hillary Clinton a dit: 

"De mon point de vue, ce qui importe c'est ce que nous faisons, pas ce que nous disons. Il importe que nous ayons eu Ben Laden, pas le nom que nous lui donnions", a déclaré Hillary Clinton.

"Mais s'il (Donald Trump, Ndlr) suggère en quelque sorte que je n'appelle pas cela par son nom, c'est qu'il n'a pas écouté. J'ai clairement dit que nous étions confrontés à des ennemis terroristes qui utilisent l'islam pour justifier d'abattre des gens. Nous devons les arrêter et nous le ferons", a-t-elle ajouté. "Nous devons vaincre le terrorisme jihadiste radical, et nous le ferons."

"Jihadisme radical, islamisme radical... pour moi cela signifie la même chose, je veux bien dire les deux, mais ce n'est pas le problème. (...) Toute cette démagogie et ces paroles ne résoudront pas le problème. Je ne vais pas diaboliser et être démagogue et déclarer la guerre à une religion entière", a poursuivi Hillary Clinton, assurant être tout aussi déterminée à combattre l'extremisme islamique qu'à protéger les musulmans qui respectent la loi.

Une prise de distance avec l'approche d'Obama

Par ces déclarations, l'ex-Première dame a utilisé des mots plus forts qu'elle ne l'avait jamais fait auparavant. En décembre dernier, après l'attaque terroriste de San Bernardino, en Californie (14 morts), elle avait dit ne pas avoir de problème à employer le terme "jihad radical" mais qu'elle n'aimait pas trop utiliser le terme "islam radical", rappelle le site Politico. "Le problème, c'est que cela sonne comme si on déclarait la guerre à une religion", avait-elle dit.

Ce lundi, Hillary Clinton s'est aussi distinguée de l'approche d'Obama: dimanche, dans une brève allocution télévisée depuis la Maison Blanche quelques heures après le massacre, le président des Etats-Unis a condamné un acte de "terreur et de haine" mais n'a a aucun moment prononcé les mots "islam radical". Il a d'ailleurs mis un point d'honneur à ne jamais le faire depuis le début de son mandat, souligne encore CNN.

"Pour que nous réussissions à lutter contre ce fléau, il est très important pour nous de nous aligner avec 99,9 pour cent des musulmans qui sont à la recherche pour la même chose que ce que nous recherchons - l'ordre, la paix, la prospérité - donc je ne vais pas ergoter avec des étiquettes", avait déclaré le président en février.

Rapidement, Donald Trump s'est crédité sur Twitter d'avoir poussé sa rivale à utiliser le terme. 

"J'ai tapé fort sur Obama et la corrompue Hillary pour leur non-utilisation du terme terrorisme islamique radical", s'est félicité le milliardaire populiste. "Hillary vient juste juste de craquer et dire qu'elle allait maintenant l'utiliser!"

V.R.