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Primaires américaines: comment ça marche?

La primaire expliquée au bureau.

La primaire expliquée au bureau. - Olivier Laffargue - BFMTV

LA PRIMAIRE EXPLIQUEE AU BUREAU - Une semaine après le caucus de l’Iowa, le deuxième rendez-vous du processus de l’élection présidentielle américaine a lieu ce mardi, avec la primaire du New Hampshire. L’occasion d’expliquer le fonctionnement, un peu particulier, des primaires aux Etats-Unis.

Après l’Iowa, c’est au tour du New Hampshire de se rendre aux urnes. Les électeurs de ce tout petit Etat du nord-est des Etats-Unis sont appelés à voter ce mardi, pour les premières primaires de cette élection présidentielle américaine de 2016. Cette position particulière dans le calendrier général de l’élection confère au New Hampshire un rôle d’éclaireur dans le long processus de primaires visant à désigner le candidat officiel du parti démocrate et celui du parti républicain, processus qui doit prendre fin à la mi-juin.

> Qu’est-ce qu’une primaire aux Etats-Unis?

Sur la forme et le fond, elle diffère de la notion de primaire telle que nous la connaissons en France. Aux Etats-Unis, la primaire est un suffrage indirect qui permet à chaque électeur américain dans son Etat de désigner les candidats du parti démocrate et du parti républicain dans la course à la Maison Blanche. Contrairement au caucus, qui est financé par les partis et qui est le mode d’élection privilégié par quelques Etats minoritaires, la primaire est financée par chacun des Etats. Ainsi, la primaire du New Hampshire est financée par le New Hampshire.

La primaire est indirecte car les partisans de tel ou tel candidat ne votent pas directement pour lui. Ils élisent en effet des délégués, qui représentent chaque candidat. Le nombre de délégués élus dans chaque Etat est proportionnel à la démographie de l’Etat en question, mais dépend également de la couleur politique de cet Etat.

Une fois élus, ces délégués voteront directement pour investir le candidat officiel, lors de la Convention nationale du parti qui se tient pendant l’été. Une Convention nationale républicaine et une Convention nationale démocrate auront ainsi lieu au mois de juillet. Elles marqueront le dernier grand rendez-vous des primaires avant la dernière ligne droite: celle opposant les deux candidats à la Maison Blanche, avant l’élection du 8 novembre.

Aux délégués élus lors des primaires s’ajoutent des délégués un peu particuliers, les "super délégués", qui n’interviennent qu’au moment de la Convention nationale de chaque parti. Non élus lors d’une primaire, ils sont des personnalités politiques haut-placées, sénateurs, gouverneurs ou cadres du parti, dont le vote au moment de la convention s’avère crucial, car il équivaut à un quart des délégués classiques. Leur particularité réside dans le fait qu’ils votent pour qui ils veulent et ne suivent donc pas forcément le choix des citoyens. En cas d’égalité entre les candidats, ils ont donc le pouvoir de faire basculer le résultat.

> Comment se déroule le vote?

Le système de la primaire pure et simple est moins complexe que celui du caucus. Les primaires peuvent être "ouvertes", "fermées", ou "semi-ouvertes". Les primaires ouvertes sont accessibles à tout le monde, électeurs démocrates comme républicains, tandis que les primaires fermées ne s’adressent qu’aux militants du parti. Les primaires semi-ouvertes sont quant à elles ouvertes aux électeurs indépendants, qui ne sont pas militants d’un parti.

Ainsi, dans les faits, les inscrits démocrates votent pour la primaire démocrate, les républicains pour la primaire républicaine. Les indépendants peuvent choisir l'une ou l'autre, d'où les efforts des deux partis pour séduire cet électorat très nombreux.

Quant au mode de scrutin, il diffère selon les Etats. Si les démocrates utilisent systématiquement la proportionnelle pour attribuer les délégués élus aux candidats, les républicains varient entre la proportionnelle et le principe du "Winner takes all" (en français "le vainqueur prend tout"). Avec ce système, adopté pour les primaires républicaines par la plupart des Etats, le candidat qui obtient la majorité remporte l'intégralité des délégués.

Adrienne Sigel et Olivier Laffargue