BFMTV

Présidentielle américaine: comment fonctionne le caucus de l’Iowa?

Le caucus de l'Iowa, expliqué au bureau.

Le caucus de l'Iowa, expliqué au bureau. - BFMTV

LE CAUCUS EXPLIQUE AU BUREAU - Ce lundi 1er février marque le coup d’envoi des primaires présidentielles outre-Atlantique avec le fameux caucus de l’Iowa, qui ouvre cinq mois d’élections locales visant à désigner les candidats démocrate et républicain qui brigueront ensuite la Maison Blanche.

La confrontation entre Hillary Clinton, Donald Trump, Bernie Sanders et Ted Cruz, pour ne citer qu'eux, est officiellement lancée. Etape incontournable du processus des primaires présidentielles aux Etats-Unis, le caucus de l’Iowa, qui est traditionnellement le premier Etat à voter depuis 1976, se tient en effet ce lundi, et lance cinq longs mois d’élections locales organisées dans chacun des 50 Etats américains, pour désigner le candidat de chaque parti dans la course à la Maison Blanche.

Financés par les partis, les caucus sont une consultation directe des militants. Radicalement différent de tout ce que nous connaissons en France, ce système est complexe et nécessite quelques petites explications, image animée à l'appui.

> Comment se déroule le vote?

Lors d’un caucus, le vote diffère d’un vote "traditionnel", matérialisé par des bulletins, un isoloir, et une urne. Dans l’esprit, les caucus ressemblent davantage à des réunions de voisins. Ces rassemblements sont organisés par les partis eux-mêmes, généralement dans des lieux publics comme des hôtels, des écoles, des gymnases, des bibliothèques, des centres associatifs. Les électeurs doivent être physiquement présents, rassemblés dans une même salle, où ils doivent se rendre à une heure précise.

Cette année, le vote du caucus de l’Iowa aura ainsi lieu à 19 heures locales (2 heures du matin heure de Paris, dans la nuit de lundi à mardi). Passée cette heure, les retardataires ne peuvent plus entrer dans la salle. Le folklore du caucus commence alors, et il diffère chez les républicains et chez les démocrates.

Chez les républicains, le processus commence par un discours des représentants du parti, qui défendent leur candidat et appellent à voter pour lui devant les électeurs en présence. Ceux-ci participent ensuite à un vote à bulletin secret. Le résultat du vote est ensuite transmis au parti, qui agrège les résultats de tout l’Etat et décide au prorata du nombre de délégués de chaque candidat républicain qui seront ensuite envoyés à la Convention nationale du parti, qui se tiendra en juillet.

Chez les démocrates, en revanche, le processus est plus compliqué et surprenant. Les partisans de chaque candidat se regroupent dans des coins différents de la pièce où ils sont rassemblés. Après comptage, les groupes totalisant moins de 15% des votants sont éliminés. Leurs membres sont alors courtisés par des chefs de groupes, pour les convaincre de soutenir un autre candidat. Ils choisissent donc de rejoindre un nouveau groupe, ou de s’en aller. A l’issue de cette nouvelle répartition, un autre comptage a lieu, et les voix obtenues sont ensuite attribuées au prorata aux délégués de la circonscription représentant les candidats. 

Ces délégués élus seront ensuite chargés de désigner les délégués du comté, qui eux-même éliront les délégués de l'Etat, qui participeront à la Convention nationale, fin juillet, au cours de laquelle le candidat à la Maison Blanche sera formellement investi.

> Qui sont les électeurs?

Dans l'Iowa, comme dans de nombreux Etats, les électeurs sont inscrits sur les listes électorales comme démocrate, républicain, ou sans étiquette. Sur 3,1 millions d'habitants recensés dans l'Iowa, il y a environ 584.000 électeurs démocrates actifs, 612.000 républicains actifs et 727.000 "sans parti" actifs (le reste de la population inclut les électeurs "non actifs", les moins de 18 ans, les étrangers, les prisonniers...).

Seuls les républicains peuvent voter aux consultations républicaines, de même que pour les démocrates. Mais il est possible de s'inscrire comme tel sur place le soir même. Le taux de participation était d'environ 20% pour les républicains en 2012, et 39% pour les démocrates en 2008, une année exceptionnelle due au duel entre Barack Obama et Hillary Clinton.

Adrienne Sigel et Olivier Laffargue