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Pour la première fois, une Américaine autorisée à indiquer "sexe neutre" sur son état civil

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - Mark Trevor-Flickr

Une Américaine née avec des organes reproducteurs féminin et masculin a été officiellement reconnue comme une personne intersexuée. C'est une première outre-Atlantique.

C'est une première aux États-Unis. Sara Kelly Keenan, née il y a cinquante-cinq ans avec des organes génitaux féminin et masculin, a obtenu le droit de d'apposer la mention "sexe neutre" sur son état civil. 

"Il n'y a rien de honteux à cacher quand on est intersexué. J'ai voulu changer les choses pour que les enfants dans le futur n'aient pas la même expérience que moi", a-t-elle confié au quotidien britannique The Independant.

"Beaucoup de personnes ont pris des décisions à ma place"

Le 30 décembre dernier, l'État de New-York a officiellement reconnu son identité sexuelle comme intersexuée. "En tant qu'enfant hermaphrodite adopté, beaucoup de personnes ont pris des décisions à ma place, y compris à propos de mon sexe et mon nom, sans mon consentement", a-t-elle ajouté. 

Jusqu'à l'âge de 40 ans, Sara Kelly Keenan a été considérée comme une fille, selon la volonté de l'orphelinat où elle a grandi et de ses parents adoptifs. Et ne savait pas qu'elle était née hermaphrodite. "Ils faisaient ce qu'ils pensaient être la meilleur chose à faire." Mais elle a souffert de cette situation, affirmant avoir toujours su qu'elle n'était pas "une fille normale".

La "bataille des toilettes"

Le débat a fait rage aux États-Unis. Au printemps 2016, la "bataille des toilettes" a divisé les Américains. L'administration Obama a édicté des règles demandant aux établissements scolaires de laisser leurs élèves transgenres choisir les toilettes de leur choix, en fonction de leur identité sexuelle et non selon leur sexe de naissance. Mais au mois d'août suivant, un juge texan a déposé une action en justice contre le gouvernement fédéral à propos de ces nouvelles règles. Tout comme douze autres États.

Le pays n'est pas le premier à reconnaître le "genre neutre", considéré comme une identité à part entière en Inde ou en Thaïlande, et reconnu en 2014 par l'Australie. De leur côté, l'Allemagne et le Népal autorisent leurs ressortissants à inscrire un X dans la case "sexe" du passeport. 

En France pas de "troisième sexe"

En France, la reconnaissance d'un "troisième sexe" n'existe pas. Mais en août 2015, le tribunal de grande instance de Tours avait ordonné l'inscription de la mention "neutre" en face de la catégorie "sexe" à l'état civil sur l'acte de naissance d'une personne intersexuée.

Une première qui avait été cassée en appel quelques mois plus tard. L'affaire est désormais entre les mains de la Cour de cassation. Et pourrait, en cas de refus, aller jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme.

Céline Hussonnois-Alaya