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Election américaine : face-à-face tendu entre Biden et Ryan

Paul Ryan (G) et Joe Biden (D) lors de leur débat à la télévision américaine, le 11 octobre 2012

Paul Ryan (G) et Joe Biden (D) lors de leur débat à la télévision américaine, le 11 octobre 2012 - -

Les deux colistiers des candidats à la présidentielle américaine se sont affrontés jeudi soir. Retour sur leurs échanges, plutôt vifs.

C'était "l'autre débat" de cette présidentielle américaine. Une semaine après le premier face-à-face entre Barack Obama et Mitt Romney, les colistiers des candidats, Joe Biden et Paul Ryan, se sont affrontés jeudi soir sur les questions économiques et la politique étrangère des Etats-Unis. Retour sur leurs principales déclarations.

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Deux styles opposés

Très décontracté, Joe Biden, 69 ans, vétéran de la politique, élu six fois au Sénat des Etats-Unis, orateur éloquent coutumier des grands débats, a ri de très nombreuses reprises au cours de ce débat où ont été abordées de nombreuses questions centrées sur le niveau d'imposition de la classe moyenne ou encore l'économie.

Paul Ryan, 42 ans, a, lui, été élu sept fois au Congrès, mais n'a jamais participé à un tel face-à-face. Le jeune joker de Mitt Romney, figure de la ligne dure des républicains, est apparu beaucoup plus appliqué. Au final, le vice-président sortant a semblé beaucoup plus offensif contre son jeune rival, n'hésitant pas à interrompre fréquemment son adversaire et à ressortir à plusieurs reprises la vidéo de la gaffe de Mitt Romney sur les "47%" que n'avait pas utilisée Barack Obama.

Piques et échanges tendus

Benghazi. Le débat a ainsi débuté par un échange piquant sur les responsabilités de l'administration américaine dans l'attaque du consulat de Benghazi, en Libye, le 11 septembre, lors duquel l'ambassadeur américain a été tué.

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"Nous irons jusqu'au fond de l'affaire", a affirmé Joe Biden, en ouverture du débat de Danville, dans le Kentucky (centre-est). Paul Ryan a aussitôt répliqué, donnant le ton de ce qui allait être une joute verbale bien plus tendue que lors du premier duel Obama-Romney. "Il fallu deux semaines au président pour reconnaître qu'il s'agissait d'une attaque terroriste, a-t-il souligné. Notre ambassadeur à Paris a tout un détachement de Marines pour le protéger, n'aurait-il pas fallu avoir un détachement de militaires pour protéger notre ambassadeur à Benghazi, un endroit où l'on savait qu'il y avait une cellule d'Al-Qaïda avec des armes?". Et d'enfoncer le clou: "Quand nous donnons l'impression d'être faibles, nos ennemis sont plus enclins à nous tester", a-t-il lancé.

L'Iran. Autre séquence forte de l'affrontement entre les deux hommes, celle sur l'Iran. "Quand Barack Obama a été élu, (les Iraniens) avaient assez de matériel nucléaire pour fabriquer une bombe. Aujourd'hui, ils en ont assez pour cinq", a accusé Paul Ryan.

"Les Israéliens et les Etats-Unis, ainsi que tous les services de renseignement militaires arrivent aux mêmes conclusions quant au fait de savoir si l'Iran est proche d'avoir une arme nucléaire. Ils en sont encore assez loin", a aussitôt répliqué Joe Biden.


Deux visions économiques

Principal thème de la soirée, l'économie a rapidement tourné au débat sur les classes moyennes. Paul Ryan a ainsi promis une baisse générale de 20% de l'impôt sur le revenu en contrepartie de la fin des niches fiscales et des déductions pour les contribuables les plus aisés.

Une mesure "mathématiquement impossible" a répliqué Joe Biden. "Nous ne pouvons pas nous permettre (de réduire les impôts) pour les gens qui gagnent plus d'un million de dollars. Ils n'en n'ont pas besoin. La classe moyenne en a besoin", a fait valoir Joe Biden alors que Barack Obama a proposé une augmentation des impôts pour les tranches supérieures.

Sur le chômage, Joe Biden s'est félicité que le taux soit tombé pour la première fois du mandat sous 8% en septembre. "Je ne sais pas combien de temps cela prendra. Nous pouvons et nous arriverons à passer sous les 6%", a promis le vice-président.

Obama félicite Biden

"Je veux souligner que Joe Biden a été excellent ce soir", a dit le président à sa descente de son avion Air Force One, à bord duquel il a regardé le débat à la télévision.

"Je ne pourrais pas être plus fier de lui, il a été très bon. Je pense vraiment que sa volonté d'oeuvrer pour la classe moyenne s'est imposée. Je suis très fier de lui", a ajouté M. Obama, qui revenait d'un déplacement de campagne à Miami (Floride, sud-est).

Les deux derniers débats Obama/Romney sont prévus les 16 et 22 octobre.

S. C. avec AFP