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Présidentielle américaine : Paul Ryan, un bon choix pour les républicains ?

Paul Ryan

Paul Ryan - -

Le choix de Paul Ryan comme candidat républicain à la Vice-présidence des Etats-Unis, avait tout d'un pari pour Mitt Romney. Si le résultat est mitigé pour le moment, le débat face à Joe Biden, colistier démocrate de Barack Obama, peut tout changer.

Caution conservatrice, coup de jeune et, surtout, de fouet. Le choix fait par Mitt Romney d’un ticket avec Paul Ryan devait permettre aux Républicains de renverser la vapeur et de remplacer, à la Maison Blanche, Barack Obama le 6 novembre prochain. Mais à moins d’un mois de l’élection, le pari va-t-il payer ?

Le jeune élu de 42 ans rame toujours derrière un manque de popularité, mais le discours très rude de ce père de trois enfants sur le thème de l’avortement, "un crime" martèle-t-il, plait à la frange la plus extrémiste, et religieuse, de son camp. L’intérêt ? Il représente mieux, car beaucoup moins modéré que Mitt Romney, la montée en puissance du Tea Party. Six candidats sur huit lors des Primaires du "Grand Old Party" était idéologiquement proches du mouvement. On dit d’ailleurs Paul Ryan proche de la famille Koch, grand financier de l’organisation de Michèle Bachmann.

Surtout, son discours virulent pour une réduction des déficits et une limitation de l’interventionnisme étatique est infusé des préceptes phares du parti. Mais ce qui en fait la personne idéale pour booster le ronronnant Mitt Romney est son plus important combat : la privatisation de la Sécurité sociale et de l’assurance maladie. Soit le contre-pied du projet Medicair et Medicaid porté par Barack Obama.

"Punchlines", attaques frontales et foot US

Spécialiste des questions budgétaires, président de ladite Commission au Congrès depuis 2011, il avait fait son entrée en grande pompe sur la scène politique nationale, choisi par son camp pour répondre au discours sur l'état de l’Union du président en exercice. Paul Ryan était attendu comme le second souffle, sa prestation à Tampa lors de la convention républicaine de la fin août avait suscité les plus grands espoirs. 

Dans un savant mélange de "punchlines" à visées comiques et d’attaques frontales du bilan d’Obama, le natif du Wisconsin – fan des Green Bay Packers, éternels rivaux en football américain des Bears de… Chicago - avait su se mettre le public dans la poche.

Un physique de gendre idéal et une fortune généreuse

Aujourd’hui, la belle surprise stagne. Dans un sondage Reuters-Ipsos mi-septembre, les Américains doutaient de ses capacités à occuper le Bureau ovale en cas de vacance du pouvoir. Il n’y a pas eu d’"effet Ryan", même dans son propre parti. Dans le camp républicain, seuls 56% se disent désormais plus favorables à Mitt Romney. 

Même son physique de gendre idéal et sa généreuse fortune personnelle générée par l’entreprise de construction familiale n’ont pas suffi à contrer les révélations sur le passé de lobbyiste pharmaceutique de son épouse, censée être une admirable femme au foyer.

Un débat décisif face à Joe Biden

Son surprenant aveu au micro de Fox News fin septembre n’a pas non plus contribué à le propulser en haut de l’affiche. "Notre camp a commis quelques bévues", a admis Paul Ryan avant de renoncer à expliquer le programme fiscal de Mitt Romney et notamment "la baisse – sans conséquences pour l’Etat - de 20% des impôts".

Barack Obama n’avait d’ailleurs pas manqué d’attaquer cette annonce. Et, preuve qu’il suscitait l’inquiétude pour ses compétences dans le domaine, Paul Ryan a été particulièrement ciblé par le président sortant.

Jeudi soir, face à l’expérimenté Vice-président de l’administration sortante, Joe Biden, le jeune loup va devoir se montrer offensif, marquer les esprits et imposer l’idée que lui et Mitt Romney symbolisent une avancée face à un immobilisme néfaste. Il aurait alors rempli son rôle.

Samuel Auffray