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Attaque à New York: Trump à l’épreuve du terrorisme

C'est la première fois depuis son arrivé au pouvoir que le président américain est confronté à ce type d'attaque. En réaction, il a annoncé le renforcement des contrôles des étrangers arrivant sur le sol américain.

"Nous ne devons pas permettre à l’EI de revenir ou d’entrer dans notre pays après les avoir vaincus au Moyen-Orient et ailleurs. Assez!". Mardi, peu après l’attaque de New York dont le bilan fait état de huit morts, Donald Trump a fait part de sa colère sur Twitter. Et si Daesh n’a toujours pas revendiqué l’attaque, le président américain n’a pas hésité à citer l’organisation terroriste, s’appuyant sur les nombreux indices qui font privilégier aux enquêteurs la piste islamiste.

Jamais Donald Trump n’avait été confronté à une attaque de ce type depuis son arrivée au pouvoir. Et politiquement, ce drame -le premier attentat meurtrier à New York depuis celui du 11 septembre 2001- est un véritable coup dur pour le locataire de la Maison blanche, qui s’est fait élire sur la promesse d’assurer la sécurité des citoyens américains.

Réactions en série

Après l’attaque, Donald Trump n’a pas dérogé à son habitude en commentant l’événement sur Twitter. Le président américain a d’abord qualifié l’assaillant de New York de "personne malade et déséquilibrée". Un discours qui contrastait avec les informations communiquées par les enquêteurs qui évoquaient déjà la piste terroriste. "Les forces de l’ordre suivent cela de près. PAS AUX USA!", a-t-il ajouté. Il faudra attendre une heure avant qu’il ne fasse directement allusion au terrorisme, en citant directement Daesh (voir le tweet ci-dessus).

Donald Trump a ensuite adressé ses condoléances aux familles des victimes, toujours sur le réseau social, avant d’annoncer qu’il avait ordonné "au (ministère) de la Sécurité intérieure de renforcer notre programme de vérification déjà extrême. Etre politiquement correct c'est bien, mais pas pour ça", a-t-il poursuivi.

Politique anti-immigration

En renforçant le contrôle des étrangers souhaitant se rendre aux États-Unis, le président américain veut rassurer et montrer, en cette période délicate, qu’il tient ses engagements de campagne. Cette décision fait d’ailleurs écho aux dernières mesures mises en œuvre.

En janvier, Donald Trump a tenté d’imposer le Travel Ban, un décret anti-immigration interdisant l’accès au territoire américain à tous les réfugiés pendant 120 jours. Les ressortissants de sept pays (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie, Yémen) étaient également interdits de séjour pendant trois mois. Une mesure censée préserver les États-Unis d'une attaque terroriste venue de l'extérieur et qui, avec l'attentat de New York, sème le doute quant à sa réelle efficacité. À noter en effet que l’Ouzbékistan, d’où est originaire l’assaillant de New York, ne faisait pas partie des pays concernés.

"Donald Trump est dans le déni puisqu’il a fait sa campagne sur deux piliers qui étaient de rendre l’Amérique plus grande et plus sûre. Et visiblement, toutes les mesures qu’il a prises auraient été de toute façon inopérantes, vu le profil national de cet homme (l’assaillant de New York,ndlr)", a expliqué Anthony Bellanger, consultant politique étrangère pour BFMTV.

Ce mercredi, Donald Trump s'est une nouvelle fois exprimé sur Twitter. "Le terroriste est arrivé dans notre pays grâce à ce qui s'appelle le 'Programme de Loterie Visas et Diversité', une merveille de Chuck Schumer", a ironisé l'ancien magnat de l'immobilier, alors que les médias ont annoncé que l'assaillant de New York était titulaire de la fameuse carte verte depuis sept ans.

Des mesures de sécurité renforcées

Après une première suspension de la justice, la deuxième version du décret anti-immigration avait été validée par la Cour Suprême mais le texte était déjà expiré lors de la décision des Sages. Le 17 octobre dernier un juge fédéral d’Hawaï a de nouveau bloqué le "Travel ban", sa troisième version, jugeant le texte "discriminant". La semaine dernière, les États-Unis ont finalement annoncé qu’ils allaient autoriser l’arrivée de réfugiés, à l’exception de ceux venus de onze pays, musulmans pour la plupart, considérés à "haut risque".

Le 26 octobre, les compagnies aériennes américaines ont également commencé à appliquer des contrôles plus stricts, à la demande du gouvernement américain, avec notamment des interrogatoires complémentaires avant l’embarquement.

L’ensemble de ces décisions émanant de l’exécutif américain et la réaction immédiate après l’attaque de New York tendent à démontrer la détermination de Donald Trump à lutter contre le terrorisme. Le président américain veut prouver qu’il est aux manettes, qu'il sait prendre les décisions qui s’imposent lors d’événements tragiques comme celui de Manhattan. Reste que de nombreuses voix se sont déjà élevées ces derniers mois contre ces mesures sécuritaires jugées "radicales" et qui n'ont fait qu'accroître l'impopularité déjà record du président américain.

Paul Louis