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Brésil: Bolsonaro traite l'ONG Greenpeace de "déchet"

"C'est quoi cette saloperie qu'on appelle Greenpeace", s'est énervé le président brésilien, avant de qualifier l'ONG de "déchet". Le dirigeant d'extrême droite n'en est pas à sa première attaque contre les écologistes.

La tension est encore montée d'un cran entre les écologistes et le président brésilien. Le dirigeant d'extrême droite Jair Bolsonaro a de nouveau attaqué l'ONG Greenpeace, de manière très virulente.

"Qui c'est Greenpeace? C'est quoi cette saloperie qu'on appelle Greenpeace? C'est un déchet", a lancé le chef de l'Etat à des journalistes à la sortie de son palais présidentiel à Brasilia.

Jair Bolsonaro répondait à une question au sujet de critiques de l'ONG sur la refonte du Conseil de l'Amazonie. Cet organe, fondé en 1995 pour coordonner les politiques du gouvernement liées aux territoires abritant la forêt amazonienne, ne fonctionnait plus de fait depuis des années. Le gouvernement Bolsonaro a décidé de le réactiver par décret ce mardi, en le plaçant sous la tutelle du vice-président, avec la participation de 14 ministères. Mais il a exclu les gouverneurs des Etats concernés, suscitant de nombreuses critiques. 

"Ce conseil n'a pas de plan, d'objectif ou de budget. Il ne va pas annuler la politique anti-environnementale du gouvernement et n'a pas pour but de lutter contre la déforestation", avait affirmé Greenpeace dans un communiqué

Greenpeace n'en est pas à son premier conflit avec le gouvernement brésilien. En octobre dernier, le ministre de l'Environnement, Ricardo Salles, avait insinué sur Twitter qu'un navire de l'ONG aurait pu avoir causé la marée noire qui a souillé plus de 2000 km de côtes brésiliennes. Une accusation sans fondements.

Le Pape prend la défense de la forêt amazonienne

En 2019, première année de mandat de Jair Bolsonaro, la déforestation au Brésil a augmenté de 85% par rapport à 2018. La recrudescence des feux de forêt, notamment en août et septembre, a provoqué une forte émotion internationale, mais le président brésilien a considéré les critiques comme des menaces à la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie.

"Il y a eu des feux de forêt en Australie et personne n'a rien dit. Hier, le pape François a dit que l'Amazonie était à lui, qu'elle était à tout le monde. Le pape est argentin, mais Dieu est brésilien", a ironisé Bolsonaro ce jeudi. 

Le souverain pontife a publié ce mercredi une "exhortation apostolique", intitulée "Querida Amazonia" ("Chère Amazonie" en français), dans laquelle il a défendu la préservation de la forêt vierge, accusant notamment les multinationales d'avoir "coupé les veines à notre Mère Terre".

C. S. avec AFP