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Vol Air France dérouté: des passagers racontent l'évacuation d'urgence

Des passagers du vol Air France au lendemain de l'évacuation, au Kenya.

Des passagers du vol Air France au lendemain de l'évacuation, au Kenya. - AFP

Des passagers du vol Air France qui a atterri d'urgence au Kenya ont témoigné de l'efficacité du personnel à bord. Ce n'est qu'après avoir évacué l'appareil que les voyageurs ont été informés de la présence d'un objet suspect dans les toilettes, qui s'est par la suite avéré inoffensif.

Le vol AF 463, avec 459 personnes à bord et 14 membres d'équipage, en provenance de l'île Maurice et à destination de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, a dû procéder à un atterrissage d'urgence dans la nuit de samedi à dimanche à Mombasa, au Kenya, après la découverte d'un colis suspect dans les toilettes. Les voyageurs ont dû évacuer l'appareil en pleine nuit en empruntant les toboggans de secours sur le tarmac kényan. 

Malgré l'urgence de la situation, l'évacuation s'est déroulée dans un calme relatif, sans mouvement de panique, ont témoigné de nombreux passagers. "Tout s'est bien passé, on a atterri sans encombre. Un de mes petits-fils s'est même réjoui en nous disant: 'C'était super le toboggan!' ", explique l'un d'eux. 

"L'information a été parfaite de la part des équipes d'Air France, et je crois qu'au nom de tous les passagers, on peut leur dire merci, car ils ont été impeccables sur coup-là", raconte un autre voyageur. Tous à bord avaient été informés d'un "incident technique", sans autre détail. 

"On a cru qu'on allait y rester"

Un Vendéen, joint par téléphone par Le Courrier de l'Ouest, admet toutefois avoir eu très peur de la situation, même s'il n'a jamais été question d'alerte à la bombe à bord et que le personnel "a été impeccable de sang-froid".

"L’avion qui était en altitude est redescendu et on a volé trois quarts d’heures à 1000-1500 m. J’ai pensé qu’on allait amerrir d’un instant à l’autre. (...) Puis le personnel de bord est passé et nous a demandé de lui remettre des journaux et des bagages de main, sans nous expliquer pourquoi. J'ai pensé qu’ils pouvaient servir à amortir les effets d’une éventuelle explosion ou dépressurisation."

Lui et son épouse ont pensé à "un gros problème technique". "On a cru qu'on allait y rester, on a eu très très peur. Au moment de l’atterrissage, l’avion sentait le kérosène, il avait vidangé en vol. On s’est tous dit qu’il pouvait s’embraser, exploser. Il y a eu des hurlements", confie-t-il au journal.

Un policier à la retraite en garde à vue

Lundi matin, un policier à la retraite qui voyageait dans cet avion avec sa compagne a été placé en garde à vue. Il est soupçonné d'avoir placé dans les toilettes un objet inoffensif mais ressemblant à une bombe, avec un minuteur, plusieurs cartons assemblés et du scotch noir.

Selon l'équipage, l'homme interpellé avait fait de nombreux allers-retours aux toilettes pendant le vol. Le parquet de Bobigny a ouvert une enquête pour "entrave à la circulation des aéronefs et mise en danger de la vie d'autrui", tandis qu'Air France a porté plainte contre X. 

Alexandra Gonzalez avec Emilie d'Harcourt