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Une mère française se bat pour ses enfants enlevés en Tunisie

Sabine Bruto, avec l'image de ses deux enfants dans son dos, se bat pour les revoir.

Sabine Bruto, avec l'image de ses deux enfants dans son dos, se bat pour les revoir. - -

Sabine Bruto se bat depuis quatre ans pour revoir ses enfants, retenus en Tunisie par leur père malgré un mandat d'arrêt international contre lui. Elle compte sur la visite officielle de François Hollande jeudi pour débloquer la situation.

A bout de nerfs, mais encore debout, une jeune mère de 32 ans se bat depuis maintenant quatre ans pour revoir ses enfants, kidnappés à l'été 2009 par leur père tunisien, Raouf Hanini.

Sabine Bruto, 32 ans, originaire de Fontenay-sous-Bois en région parisienne, ne vit plus que pour ce combat qui la hante jour et nuit. "Adam et Alexandre auront 7 et 10 ans en septembre. Comment la France peut-elle tolérer que des enfants français soient retenus en otage, dans des conditions obscures, dans un pays où ils n'ont pas grandi?", s'indigne la jeune femme, rencontrée par BFMTV.com.

La visite officielle de François Hollande en Tunisie jeudi et vendredi représente pour elle un espoir immense. "Juridiquement, nous sommes allés au bout de toutes les procédures. Le divorce d'avec mon ex-mari est prononcé, la garde exclusive de mes enfants m'a été accordée, mon ex-mari a été condamné à un an de prison ferme pour non-présentation des enfants, un mandat d'arrêt international a été émis par la France, et tous ces jugements sont définitifs. Je ne peux plus rien faire! J'espère donc vraiment que François Hollande appuiera mon dossier pour que la Tunisie applique enfin ces décisions."

Elle veut accompagner Hollande en Tunisie

Une promesse qui lui a été faite lundi par Sylvie Hubac, directrice de cabinet de François Hollande, et Paul Jean-Ortiz, conseiller diplomatique, qui l'ont reçu longuement. "Ils m'assurent que le président va parler de mon affaire. Moi j'aimerais surtout pouvoir l'accompagner", répond Sabine Bruto, méfiante. De nombreuses tentatives de médiation avortées l'ont rendu prudente.

Dernière en date en décembre dernier. "L'Elysée m'avait appelé pour me dire qu'un accord avait été trouvé avec le chef du gouvernement d'alors, Hamadi Jebali. J'ai sauté dans un avion, les bras chargés de jouets, et on m'a conduit dans une villa. Là, il y avait mon ex-mari, le Premier ministre Jebali, visiblement très ami avec lui, de nombreux gardes de sécurité, et au fond de l'immense salon, mes deux enfants, recroquevillés, terrorisés, et visiblement pas bien traités. Rien ne s'est passé comme prévu. On m'a demandé de signer des papiers en arabe. J'ai refusé. Ça s'est mal terminé. Je n'ai pas pu parler à mes enfants. Je suis rentrée sans eux, complètement traumatisée."

Une situation inextricable qui a pris racine à l'été 2009, alors que Sabine Bruto venait de demander le divorce de son mari souvent absent, très pris par ses affaires, entre la Tunisie et la France. Un divorce que l'homme n'aurait pas supporté. Quand ses enfants sont venus passer deux semaines de vacances chez lui, ils n'en sont jamais repartis.

|||Conflits familiaux: les chiffres

En 2012, la France a été concernée par 158 dossiers de "déplacement d'enfants" à l'étranger, le terme officiel donné aux "enlèvements" d'enfants par leurs parents. Parmi ces affaires, 17 concernaient la Tunisie, selon des chiffres officiels de l'Etat.

En janvier 2012, un décret est paru au Journal Officiel, précisant notamment les modalités selon lesquelles le procureur de la République peut requérir directement la force publique pour faire exécuter les décisions ordonnant le retour, dans l'Etat de la résidence habituelle, d'un enfant illicitement déplacé.

Alexandra Gonzalez