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Egypte: les Frères musulmans dénoncent "un massacre inhumain"

Des pro-Morsi s'affrontent avec l'armée, samedi, à l'aube.

Des pro-Morsi s'affrontent avec l'armée, samedi, à l'aube. - -

Des affrontements entre policiers, civils, et partisans du président déchu Mohamed Morsi samedi ont fait au moins 72 morts, un bilan sanglant dénoncé de toutes parts.

Au moins 72 Egyptiens ont été tués samedi dans des affrontements au Caire, les plus meurtriers depuis la destitution du président Mohamed Morsi, suscitant une vague d'avertissements de chefs d'états occidentaux, dont François Hollande, adressés au nouveau pouvoir qui semble déterminé à mettre fin à la contestation des islamistes. Les heurts ont continué dans la nuit de samedi à dimanche, puisque quinze personnes ont été blessées à Port-Saïd, après les obsèques d'un jeune partisan pro-Morsi.

En Egypte même, des personnalités de premier plan qui ont soutenu le renversement de Mohamed Morsi le 3 juillet ont laissé percer leur inquiétude face au risque d'escalade entre l'armée et les islamistes, qui s'accusent mutuellement de mener le pays à la guerre civile. La plus haute autorité musulmane d'Egypte, l'imam d'Al-Azhar cheikh Ahmed Al-Tayeb, a demandé une "enquête urgente" sur ces violences, et le vice-président du pouvoir de transition, le Prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei, a "condamné le recours excessif à la force".

Selon un dernier bilan du ministère de la Santé, 72 personnes ont été tuées dans les rangs des islamistes, et plus de 400 personnes ont été blessées dans les affrontements entre policiers et pro-Morsi dans la nuit de vendredi à samedi.

Les pro-Morsi déterminés à continuer

Que s'est-il passé? Des pro-Morsi partis de leur campement à la mosquée Rabaa al-Adawiya, au nord-est du Caire, ont tenté de bloquer la circulation à un pont routier dans la nuit de vendredi à samedi et se sont heurtés à des habitants. La police est intervenue pour s'interposer et n'a "utilisé que du gaz lacrymogène", selon le ministère de l'Intérieur, laissant entendre que les nombreux pro-Morsi tués l'avaient été par des habitants. Les fidèles du président déchu ont en revanche incriminé des "policiers en uniforme agissant aux côtés d'hommes de main", tirant des balles réelles et de la chevrotine.

Les Frères musulmans ont condamné dans un communiqué un "massacre inhumain", assurant qu'il ne ferait "que renforcer leur détermination à refuser le coup d'Etat et exiger le retour de la légitimité incarnée par le président élu", tout en "affirmant pour la centième fois le caractère pacifique de leurs manifestations".

Samedi soir, les milliers de pro-Morsi qui campent à Rabaa al-Adawiya ont rompu le jeûne du ramadan dans le calme en s'apprêtant à y passer une nouvelle nuit. Ils ont déployé des banderoles avec le mot "pacifique".

A. G. avec AFP