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À quoi va ressembler la nouvelle mission de Thomas Pesquet dans l'espace?

Thomas Pesquet lors d'un le 19 juin 2020 pendant une formation à Houston.

Thomas Pesquet lors d'un le 19 juin 2020 pendant une formation à Houston. - BILL STAFFORD / NASA

Le spationaute français Thomas Pesquet a annoncé, ce mardi, qu'il décollerait au printemps 2021 avec la capsule américaine Crew Dragon de SpaceX pour sa seconde mission sur la Station spatiale internationale (ISS), nommée Alpha.

L'astronaute français et star de l'espace Thomas Pesquet s'envolera vers la Station spatiale internationale (ISS) au printemps 2021, à bord de la nouvelle capsule américaine Crew Dragon de Space X, pour sa seconde mission de six mois, a annoncé ce mardi l'Agence spatiale européenne (ESA).

Cette mission de six mois, qui s'appellera "Alpha" en référence à Alpha du Centaure (le système planétaire le plus proche de la Terre) et qui embarquera sept astronautes internationaux, aura pour but de mener de nouvelles recherches scientifiques et de préparer de futures missions vers Mars ou la Lune. BFMTV.com fait le point sur cette nouvelle mission.

> Décollage fin mars depuis la Floride

L'astronaute de l'ESA embarquera sur la capsule Crew Dragon de la société américaine fin mars 2021, depuis la base de lancement de Cap Canaveral en Floride. "J'aurai la chance d'être le premier Européen à voler sur ce véhicule", s'est réjoui ce mardi l'astronaute de l'ESA dans un entretien accordé à l'AFP, se disant "très enthousiaste de voler sur un véhicule différent".

Il y a trois ans, pour sa première mission "Proxima", le benjamin du corps européen des astronautes s'était envolé pour l'ISS avec la fusée russe Soyouz, depuis le cosmodrome Baïkonour. Depuis l’arrêt des vols de navettes américaines en 2011, les pensionnaires de l'ISS partaient tous du cosmodrome de Baïkonour.

Un monopole russe auquel a mis fin, en mai, le premier vol habité de la capsule privée de Space X vers l'ISS, avec deux astronautes de la Nasa à bord. "On va réutiliser la même capsule que celle qui est actuellement à bord de la Station, c'est inédit! C'est marrant de partir dans l'espace avec le même véhicule mais pas en même temps", explique Thomas Pesquet.

> Un équipage de sept astronautes

À bord du "Dragon", Thomas Pesquet embarquera avec trois autres membres d'équipage: ses homologues américains Shane Kimbrough et Megan McArthur, ainsi que le Japonais Haki Kohoshide. Tous vétérans, comme lui.

Sur l'ISS, ils rejoindront des Russes. L'équipage devrait donc être composé de sept membres au total, au lieu de six, car les capsules habitées américaines peuvent embarquer quatre personnes.

"Je vais me retrouver avec trois ou quatre personnes avec qui j'ai déjà volé... C'est un peu la saison 2, avec les mêmes personnages", s'amuse Thomas Pesquet auprès de l'AFP.

Dans l'usine Space X de la société d'Elon Musk en Californie, le spationaute s'est déjà entraîné sur les simulateurs, dans le "cockpit futuriste" de Crew Dragon, doté à 100% d'écrans tactiles.

> Recherche sur le vieillissement des cellules souches

Au programme de cette nouvelle mission: beaucoup de recherche scientifique, avec notamment des expériences sur les cellules souches et leur vieillissement, très différent en micropesanteur, explique Thomas Pesquet. L'astronaute embarquera en orbite des cellules souches de cerveau pour étudier leur vieillissement accéléré dans l'espace.

"On est là pour faire de la science", rappelle-t-il, et l'ISS "a encore de l'avenir". "L'ISS, c'est un laboratoire donnant accès à des phénomènes scientifiques inaccessibles sur Terre à cause de la gravité", explique l'ingénieur et pilote de ligne.

> Préparer de futures missions vers Mars ou la Lune

Avec cette nouvelle mission d'une durée de six mois, Thomas Pesquet et ses confrères prévoient également de préparer de futures missions spatiales vers Mars ou encore la Lune. "On n'a clairement pas fait le tour de la recherche. C'est d'abord une étape nécessaire pour préparer des missions futures vers Mars ou la Lune", pour laquelle l'astronaute de 42 ans rappelle être candidat, "comme tous (ses) collègues".

Enfin, s'il a le temps après ses longues journées de travail, Thomas Pesquet souhaite continuer "à parler d'environnement" au public, comme il l'avait fait durant son premier séjour en partageant ses photos de la Terre vue de là-haut, via les réseaux sociaux. "Mais je ne vais pas ouvrir de compte Tik Tok!", certifie-t-il.

Jeanne Bulant avec AFP Journaliste BFMTV