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A Jérusalem, Macron promet que la France "n'aura pas le visage" de cet "antisémitisme qui revient"

En déplacement à Jérusalem, Emmanuel Macron a pris la parole devant un parterre composé de Français vivant en Israël. "Vous avoir ici ensemble c’est savoir la part tragique de notre histoire", leur a-t-il notamment déclaré.

Avant de participer aux cérémonies commémorant le soixante-quinzième anniversaire de la libération du camp de la mort d'Auschwitz au mémorial de Yad Vashem, Emmanuel Macron a pris la parole devant les Français d'Israël à Jérusalem. "La République ne vous oublie pas, elle compte sur vous", leur a-t-il dit en préambule. "Je suis là avant tout pour la mémoire, l’histoire. Vous avoir ici ensemble c’est savoir la part tragique de notre histoire", a poursuivi le président de la République. 

"Nous faisons tous le même constat" 

Evoquant le souvenir de la Shoah, il a déclaré: "C’est l’engagement collectif de la communauté internationale de ne pas oublier. Essayons d’imaginer ce que celles et ceux qui sont tombés, se sont échappés ou sont rescapés peuvent ressentir en nous voyant à Yad Vashem." Le chef de l'Etat a décrit ce devoir de mémoire comme un "exercice de militants de la vérité", car "le relativisme et le mensonge n’ont pas quitté ce monde".

Après avoir rappelé qu'il s'était entretenu au préalable avec les représentants du judaïsme français, il a lancé: "Nous faisons tous le même constat : l’antisémitisme revient. Pas ces derniers mois non, ces dernières années. Il est là, avec son cortège d’intolérances et de haines. Je vous le dis très clairement : la France n’aura pas ce visage."

"L'antisémitisme est le problème de la République" 

"L'antisémitisme ne doit pas être uniquement, ni même d'abord, le problème des juifs, c'est le problème de la République", a également affirmé Emmanuel Macron. Il a prolongé:

"Parce que l’antisémitisme, c’est la quintessence, le visage premier de la haine de l’autre. A chaque fois que les démocraties se sont affaiblies, que de grandes crises ont bousculé la confiance et ravivé les divisions, le premier signal ce fut l’antisémitisme, et ce qui semblait enfoui, tu, qui peut-être existait encore mais n’osait remonter, remonte de plein fouet. Toutes les démocraties traversent une crise très profonde, économique, sociale, morale, civilisationnel. Face à ce doute, notre responsabilité est de construire un projet commun, un futur possible. Il est évident que jouer sur les peurs est plus aisé. Et la première peur, c’est celle de l’autre, c’est pour ça que l’antisémitisme revient. Il nous faut le combattre avec force."

Macron fait le bilan des nouvelles mesures de lutte contre l'antisémitisme 

Evoquant plusieurs exemples d'antisémitisme dans l'Hexagone, Emmanuel Macron a ajouté: "En France, ces violences, les profanations de cimetières n'ont pas leur place. L'utilisation de l'étoile jaune n'a pas à être faite dans un insupportable amalgame". Par cette dernière phrase, il faisait référence à une polémique née au milieu du mois de novembre lors de la "manifestation contre l'islamophobie" où des membres du défilé avaient arboré ce symbole. 

Emmanuel Macron a ensuite détaillé les mesures prises contre l'antisémitisme. Il a listé la surveillance renforcée autour de 868 lieux de culte juifs, la dissolution d'associations appelant à la haine et à la violence -"et d'autres suivront", a-t-il fait observer - la création d'un réseau "couvrant tout le territoire" par des équipes d'enquêteurs et de gendarmes, la mise en place d'une "structure dédiée à la lutte contre les crimes de haine", et celle de la plateforme contre les contenus haineux en ligne. 

dossier :

Emmanuel Macron

Robin Verner