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Environnement

Sécheresse: inquiets, les agriculteurs constatent déjà les premières conséquences sur leurs récoltes

La chaleur et le manque de précipitation ont déjà des effets négatifs sur la croissance des productions printanières. Un céréalier prévoit déjà une baisse importante de ses récoltes cette année.

La chaleur se fait sentir chez les cultivateurs. En raison des températures déjà estivales et de l'absence de précipitation, la sécheresse s'installe dans une quinzaine de départements français et menace les productions de céréales, en pleine croissance. De quoi inquiéter les agriculteurs.

Thierry Sionneau, céréalier et éleveur de chèvres et de bovins dans les Deux-Sèvres, constate déjà les conséquences de la météo sur sa production de blé:

"On voit que la terre est toute desséchée, ce qui fait que les pieds sèchent prématurément au sol et on voit que les feuilles commencent à devenir jaunes, ce qui fait que le grain va se nourrir difficilement", confie-t-il à BFMTV.

Avec une baisse de 30 à 40% des pluies depuis le mois de janvier, ce début d'année est le plus sec depuis 2001. Quinze départements sont soumis à des restrictions d'eau, surtout en Bretagne et dans le Sud-Est.

Des récoltes en baisse

Alors qu'aucune averse n'est attendue dans les prochains jours, le cultivateur ne se fait pas d'illusion et sait déjà que ses récoltes seront réduites cette année.

"Par rapport aux récoltes précédentes, on arrivait autour des trois ou quatre tonnes hectares dans trente à quarante quintaux en bio et là avec la sécheresse, il y aura peut-être une tonne, voire zéro", évalue-t-il.

Le problème est particulièrement sensible pour l'agriculteur. En effet, ces céréales permettent à Thierry Sionneau de nourrir ses bêtes. Sans sa récolte habituelle, c'est tout son système d'autoconsommation qui est remis en péril.

"On est très autonomes. (...) Il va falloir faire des démarches pour aller chercher de quoi nourrir nos animaux", explique-t-il.

Ce changement ne sera pas sans conséquence sur le plan financier et risque même de faire flamber la facture de l'éleveur. Car ses chèvres produisent du lait certifié agriculture biologique et ont besoin d'un fourrage spécifique et plus coûteux.

Les deux-tiers de la France connaissent déjà des sols "secs à très secs" en raison d'un "manque quasi continu de pluie depuis septembre", selon Météo-France. Le phénomène devrait perdurer, alors que les prévisions météorologiques annoncent une poursuite de la chaleur et peu ou pas de pluie.

Juliette Desmonceaux