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COP21: le transport aérien, grand absent de l'accord sur le climat

Plus de 160 pays doivent signer ce vendredi à New York un accord international destiné à ralentir le réchauffement de la planète. Problème, il ne prévoit rien sur le transport aérien, pourtant gros pollueur et contributeur d'émissions de gaz à effet de serre.

Un aller-retour entre Londres et New York représente à peu près autant d’émissions de gaz à effet de serre que le chauffage d’une maison pendant un an. L’avion est le mode de transport le plus polluant par passager et kilomètre parcouru. Et avec une hausse annuelle du trafic de 5%, le secteur de l'aviation pourrait voir ses émissions tripler d'ici à 2050.

Pourtant c’est l'un des grands oubliés de la Cop 21, dont l'accord international destiné à ralentir le réchauffement de la planète va être signé vendredi par plus de 160 pays.

"Le secteur aérien est l'un des grands resquilleurs du climat puisqu'il n'a aucune obligation internationale à réduire ses effets de serre donc il ne contribue pas actuellement à la lutte contre le changement climatique", dénonce Célia Gautier, du Réseau Action Climat.

L'encadrement des émissions des transports aérien et maritime a été exclu de l'accord de Paris en échange des engagements de l'Oaci (Organisation de l'aviation civile internationale) et de l'OMI (Organisation maritime internationale) d'émettre des propositions concrètes en 2016. Une omission qui suscite bien des incompréhensions et bien des suspicions.

Le sujet sera traité en septembre lors de la prochaine assemblée générale de l'Oaci.

21,3 millions de tonnes de CO2 en France

L’industrie aéronautique se défend déjà de toute inaction et affirme avoir commencé à réduire ses émissions depuis le Grenelle de l'environnement. L’amélioration constante des performances des moteurs a permis de réduire de 80% la consommation de carburant par passager et par kilomètre transporté, en l'espace de 50 ans. Mais ces progrès technologiques restent encore trop limités aux yeux des ONG.

Ainsi, en France, les émissions de CO2 de l’aérien par passager/km ont baissé de 34% entre 1990 et 2013, selon les statistiques de la Direction générale de l’aviation civile (Dgac), mais elles sont passées dans le même temps de 13,3 millions à 21,3 millions de tonnes de CO2. Le prix du carbone, point noir de la Cop 21.

Le transport maritime ne figure pas non plus au menu des négociations de la conférence internationale. Mais le grand absent de la Cop 21, le "gros point noir" pointé dans une rare unanimité par les ONG et les entreprises, c'est le silence concernant l'instauration d'un prix du carbone. Longtemps présent dans le texte, le sujet a finalement été relégué dans les décisions. Plusieurs chefs d'Etat, dont François Hollande et Angela Merkel, ont lancé jeudi un appel pour fixer un prix au carbone afin de renchérir le coût des activités polluantes.

K. L. avec Mélanie Vecchio et Elsa Jirou