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Réchauffement climatique: une hausse de 0,5 degré peut tout changer

A 0,5°C près, il sera peut-être possible de limiter les effets du réchauffement climatique de manière drastique à travers le monde, surtout dans le bassin méditerranéen.

A 0,5°C près, il sera peut-être possible de limiter les effets du réchauffement climatique de manière drastique à travers le monde, surtout dans le bassin méditerranéen. - Alan Eng - Flickr.com CC

Une nouvelle étude européenne indique qu’une hausse de température de seulement 1.5 degré – au lieu de 2 degrés – pourra limiter les effets les plus désastreux du réchauffement climatique à travers le monde.

Sécheresses, famines, espèces disparues à jamais… Tout cela peut être évité à 0,5 degré près. C’est en tout cas ce qu’affirme un nouvelle étude européenne, menée par le Docteur Carl Schleussner, membre de l’institut Climate Analytics de Berlin, et publiée par la revue Earth Systems Dynamics.

Cette dernière étude permet de se projeter avec précision dans un avenir où la hausse de la température globale moyenne serait limitée à 1,5 degré et non 2 degrés, comme la plupart des chercheurs.

Au mois de décembre, la COP21 s’était fixée l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 degré au lieu de 2 degrés, une cible jugée trop laxiste par certains dirigeants d’Afrique de l’Ouest et des îles du Pacifique.

L'eau, ressource menacée

Les chercheurs ont ainsi pu identifier des "points chauds" où des catastrophes pourraient être évitées de justesse. Dans le scénario à 2 degrés, les réserves d’eau en Europe du Sud, en Amérique Centrale, en Australie et en Afrique du Nord par exemple seront particulièrement touchées. A l’inverse, dans le scénario à 1,5 degré, les pertes seraient réduites de moitié, rien que dans le bassin méditerranéen. 

De quoi motiver les dirigeants du monde entier à lutter encore plus contre les causes du réchauffement climatique ?

Objectif 1,5°C: pour certains scientifiques, il est déjà trop tard

Si la communauté internationale s'est engagée à limiter la hausse de la température à 1,5°C, des scientifiques estiment que ce but est déjà hors d'atteinte.

"Il sera très difficile, si ce n'est impossible, de maintenir le réchauffement sous 1,5°C durant tout le XXIe siècle", prévoit Jeori Rogelj, de l'Institut international pour l'analyse des systèmes appliqués à Laxenburg en Autriche.

Même dans des scénarios optimistes, les émissions de gaz à effet de serre (GES) pourraient conduire la Terre à dépasser ce seuil avant 2050, explique-t-il à l'AFP, car par rapport à l'ère pré-industrielle le thermomètre mondial a déjà gagné 1°C. 

Et si on éteignait demain tous les engins fonctionnant au pétrole, au gaz ou au charbon, les gaz à effet de serre déjà présents dans l'atmosphère continueraient à faire grimper les températures.

"Cela dépend si nous pouvons ou non retirer de grandes quantités de dioxyde de carbone de l'atmosphère", précise M. Rogelj.

Mais en l'état actuel des connaissances, le captage et le stockage de CO2 à très grande échelle n'est pas maîtrisé par les industriels.

Vers un monde sans énergies fossiles ?

Or le monde reste très dépendant des énergies fossiles (80% des émissions mondiales de gaz à effet de serre), même si les énergies renouvelables continuent leur essor et si elles assurent une part de plus en plus importante de la production d'électricité.

Et si l'accord adopté en décembre à Paris et que 160 pays s'apprêtent à signer vendredi au siège de l'ONU à New York doit accélérer une transition vers un monde sans énergies fossiles, cela prendra encore du temps.

Priscilla Peyrot avec AFP