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Une étoile jaune à la marche contre l'islamophobie: le président d'honneur de la Licra dénonce une "comparaison indigne"

Alain Jakubowicz, président d'honneur de la Licra, a dénoncé le comportement des personnes qui ont apposé une étoile jaune sur la poitrine d'une fillette dimanche, lors de la marche contre l'islamophobie. Il déplore une "comparaison indigne" entre le sort des juifs durant la Seconde guerre mondiale et la situation actuelle des Français musulmans.

Pour lui, "cette photo est à vomir". Alain Jakubowicz, président d'honneur de la Licra, a dénoncé ce lundi matin sur BFMTV une "comparaison indigne", après la diffusion la veille d'un cliché pris lors de la marche "pour dire stop à l'islamophobie", sur laquelle on aperçoit une fillette arborant une étoile jaune, qui rappelle celle que devaient porter les juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

"S'il devait advenir par malheur que cette fille était vouée au même sort que les enfants juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, je serais le premier à donner ma vie pour l'éviter mais ce n'est pas le cas et c'est ce relativisme qui m'a fait réagir", a expliqué l'avocat sur notre antenne.

Les enfants musulmans, "fort heureusement", ne sont pas "exposés aux mêmes risques que les enfants juifs pendant la Seconde guerre mondiale, a-t-il poursuivi. "Il n'y avait pas des cars qui les attendaient pour les emmener à Drancy ou à Auschwitz. (...) Souvenez-vous que dans les lois de 1940, les enfants juifs étaient interdits d'aller dans les jardins d'enfants."

"L'Etat français n'est pas islamophobe"

Esther Benbassa, la sénatrice EELV qui a diffusé le cliché sur son compte Twitter, s'est elle dit, "en tant que juive", "absolument pas choquée" par l'initiative. "Cette étoile jaune, c'est une forme d'identification au sort des juifs", a-t-elle expliqué sur BFMTV. "Je pense que ce que les juifs ont subi devraient continuer à servir d'exemple pour qu'on puisse tous nous battre contre le racisme, l'antisémitisme, l'islamophobie".

"Le sujet n'est pas madame Benbassa", a rétorqué Alain Jakubowicz. Le président d'honneur de la Licra pointe "les gens à l'origine" de la manifestation controversée de dimanche, "des activistes qui veulent modifier la loi, modifier notre société". "Ces gens veulent essayer de faire croire que l'Etat français d'aujourd'hui serait islamophobe", a-t-il dénoncé. "Et bien non, l'Etat français aujourd'hui n'est pas islamophobe."

Même s'il existe "de façon indubitable" un "racisme anti-musulman dans notre société", "il n'y a pas des lois qui aujourd'hui répriment nos concitoyens musulmans", a conclu Alain Jakubowicz.

Mathieu Dehlinger