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Report de la loi famille: les adoptés et adoptants attendront

Les associations d'enfants adoptés, comme les adoptants, attendaient beaucoup du projet de loi famille.

Les associations d'enfants adoptés, comme les adoptants, attendaient beaucoup du projet de loi famille. - -

Si la GPA et la PMA cristallisent les inquiétudes et les mécontentements, ces thématiques étaient pourtant exclues du projet de loi sur la famille, dont l'examen a été reporté lundi à 2015.

"Ce projet de loi famille sera bien examiné, il sera examiné sur les sujets dont nous avons toujours dit qu'ils en seraient la composante essentielle", a déclaré mardi Najat Vallaud-Belkacem, la porte-parole du gouvernement, en citant "l'adoption", les "tiers et en particulier les beaux-parents". Si le report sine die de la loi sur la famille revêt une évidente tournure politique, il crée aussi une réelle déception chez les personnes directement touchées par les mesures envisagées. Ainsi, les adoptés et adoptants devront ronger leur frein.

Car en marge de la PMA et de la GPA qui n'étaient d'ailleurs pas incluses dans le projet de loi sur la famille, une disposition visait à promouvoir l'adoption simple, afin de maintenir le lien des enfants avec les parents biologiques. Elle se trouve comme le reste abandonnée.

"J'aurais eu besoin d'avoir un guide"

Du côté des associations comme "La voix des adoptés", la déception est grande. Cécile Février, sa présidente, explique avoir toujours su qu'elle était adoptée, mais dit aurait "aimé avoir eu un guide" pour savoir où chercher et retrouver trace de ses parents biologiques. La levée de l'anonymat pour les enfants nés sous X, dont le Conseil constitutionnel a réaffirmé la validité en mai 2012 avec l'affaire Matthieu Evers, n'était certes pas au programme. Mais une solution de compromis procurant un accès à certaines données "non-identifiantes", comme les dossiers médicaux, aurait pu être envisagée.

Promouvoir l'adoption simple

La loi avait aussi pour ambition de renforcer le recours à l'adoption simple, qui ne rompt pas complètement les liens avec les parents biologiques, contrairement à l'adoption plénière.

Pour les quelque 150.000 enfants placés au sein de l'Aide sociale à l'enfance, il s'agissait de leur procurer le foyer stable de nouveaux parents adoptifs, mais sans rompre totalement le lien avec leurs parents biologiques. Ensuite, la mesure aurait permis de compenser la baisse de l'adoption internationale, qui a chuté de 45% entre 2010 et 2012.

David Namias avec Kelly Laffin et Benoît Lordelot